Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont signé, mercredi 22 juillet, un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil. Le texte autorise Riyad à développer un programme nucléaire avec des technologies américaines, y compris la possibilité d’enrichir de l’uranium sur son territoire, sous certaines garanties.
Après plusieurs années de négociations, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont officiellement signé un accord de coopération nucléaire civile, connu sous le nom d’accord « 123 », qui ouvre la voie à la construction de centrales nucléaires dans le royaume avec des technologies américaines. L’accord a été signé par le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane.
Le principal point d’attention concerne l’autorisation accordée à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium sur son territoire dans le cadre de son programme nucléaire civil. Contrairement à l’accord conclu avec les Émirats arabes unis en 2009, qui interdisait l’enrichissement et le retraitement des combustibles usés, le nouveau texte laisse cette possibilité à Riyad. Les autorités américaines assurent toutefois que des mécanismes de contrôle bilatéraux et des engagements de non-prolifération encadreront ces activités.
Un partenariat stratégique et économique
Washington présente cet accord comme un moyen de renforcer son partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite tout en permettant aux entreprises américaines, notamment dans le secteur nucléaire, de participer au vaste programme énergétique saoudien.
Pour Riyad, le nucléaire civil constitue un pilier de la stratégie Vision 2030, qui vise à diversifier le mix énergétique, réduire la consommation domestique de pétrole pour la production d’électricité et accroître les exportations d’hydrocarbures.
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Des inquiétudes sur la prolifération nucléaire
L’accord suscite toutefois de fortes réserves parmi les spécialistes de la non-prolifération et plusieurs élus américains.
Ils soulignent que le texte ne reprend pas le Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui prévoit des inspections renforcées des installations nucléaires. Certains craignent qu’en autorisant l’enrichissement de l’uranium et le retraitement du combustible, l’accord n’offre à terme au royaume les capacités techniques nécessaires à un éventuel programme militaire.
La signature intervient alors que les tensions restent très vives entre les États-Unis, l’Iran et plusieurs acteurs régionaux. Le développement d’un programme nucléaire saoudien est observé avec attention, d’autant que les dirigeants saoudiens ont déjà indiqué par le passé qu’ils ne resteraient pas inactifs si l’Iran se dotait de l’arme nucléaire. Ce contexte alimente les craintes d’une course aux armements au Moyen-Orient.
Le Congrès américain devra encore se prononcer
L’accord doit désormais être soumis à un examen de 90 jours par le Congrès américain, conformément à la législation sur l’énergie atomique. Sauf opposition qualifiée du Congrès, le partenariat entrera en vigueur et permettra aux entreprises américaines de participer à la construction des futures infrastructures nucléaires saoudiennes, dans un marché évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars.