Les coupures d’électricité, devenues le calvaire quotidien des citoyens, semblent être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Que peut faire l’Assemblée des représentants du peuple ? A-t-elle les coudées franches pour agir, ou la responsabilité incombe-t-elle principalement à l’exécutif ? Existe-t-il des solutions miracles ?
Comme tout citoyen, chacun a le droit d’être en colère : nous n’avons jamais connu de coupures d’une telle ampleur. Des interruptions de 5, 6 ou 7 heures sont considérables et peuvent provoquer de graves dommages. Sur le plan humain, elles posent des problèmes majeurs pour les malades et les hôpitaux. Sur le plan économique, l’industrie en souffre non seulement les grandes entreprises, mais aussi les petites et très petites entreprises fortement affectées.
Nous avons interrogé Maher Ketari, président de la commission des Finances à l’ARP, dans les locaux de L’Economiste Maghrébin. Il dresse un bilan précis et annonce les suites : « Nous avons officiellement demandé l’audition du ministre de l’Industrie. J’espère qu’elle se tiendra d’ici la fin de la semaine ou au début de la suivante. Ce sera l’occasion pour chacun de présenter ses doléances, poser ses questions et exposer ses propositions par l’intermédiaire du député qui le représente. »
En tant que député et président de la Commission des Finances à l’ARP, Maher Ketari, avec ses collègues, recueille toutes les doléances des citoyens pour les transmettre au ministre de l’Industrie, des mines et de l’énergie, en espérant obtenir des réponses convaincantes pour les citoyens. « Il y a un véritable déficit de communication en cette période, précise-t-il. J’aurais souhaité la tenue d’un point de presse hebdomadaire, que ce soit avec le PDG de la STEG, le ministre ou la cheffe du gouvernement. »
C’est pour cette raison qu’une séance plénière sera organisée. L’objectif : obtenir des réponses claires sur l’état actuel du système électrique, sur la stratégie énergétique nationale et sur les mesures prévues pour éviter la répétition des coupures, chaque été et au fil des saisons.
Quant aux solutions à court terme, Maher Ketari se veut réaliste : « Honnêtement, il n’y a pas de solution miracle. Nous sommes en situation de surconsommation. Car, le réseau ne peut produire autant d’électricité que nécessaire, d’où les coupures. La situation a été aggravée par le black-out en Algérie. En effet, lorsque la Tunisie connaissait une surconsommation, l’Algérie nous aidait souvent à combler le déficit. Cette année, elle n’a pas pu le faire, car elle-même faisait face à des problèmes de surconsommation. »
Il conclut sur une perspective à moyen terme : « La solution passe, selon moi, par les centrales photovoltaïques. Si nous parvenons à mettre en service deux ou trois parcs représentant 200 à 300 mégawatts cette année, ce serait déjà une avancée importante. »