L’évolution de la crise au Moyen-Orient divise désormais le Conseil des gouverneurs de la BCE. Et ce, à la veille de sa réunion du 10 juin, concernant l’ouverture du cycle de hausse des taux d’intérêt de l’euro, dans le but de contenir l’inflation.
Selon un rapport de Capital, les responsables de la BCE… s’accordent à dire qu’une nette tendance à la hausse nécessite une solution. Or, à l’heure actuelle, tant au niveau européen qu’international, une grande incertitude plane sur l’évolution de la situation, laissant craindre que toute solution proposée ne soit erronée, indique le média.
Parmi les membres les plus fermes de la BCE, le banquier central finlandais Olli Rehn, s’exprimant sur le sujet, a souligné que les anticipations d’inflation restent faibles et que les perspectives pour la zone euro sont rassurantes. Isabel Schnabel, membre du directoire et elle aussi considérée comme une « ferme », a déclaré ce mois-ci que si le risque d’un resserrement de la politique monétaire s’est accru. Celui-ci ne sera nécessaire que « si le choc des prix de l’énergie s’aggrave ».
Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, qui prend sa retraite ce mois-ci, appelle à la prudence, évoquant l’impact sur la croissance qui, selon lui, « deviendra beaucoup plus visible dans les semaines à venir ». Le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, qualifie les craintes de récession de « réelles et justifiées ». Face à ces hésitations, le gouverneur de la Banque d’Allemagne, Joachim Nagel, se montre plus direct. Il est favorable à une hausse des taux d’intérêt à moins d’une amélioration significative de la situation.
D’un autre côté, certaines données économiques font état d’une croissance au premier trimestre. Toutefois, une récession a ensuite été enregistrée dans le secteur des services. Un affaiblissement accru pourrait contrebalancer les pressions inflationnistes et inciter la BCE à reporter la hausse des taux d’intérêt.
Cependant, nul ne peut à ce jour prédire avec certitude les conséquences de la crise sur l’économie européenne. En effet, si l’on en croit les déclarations du président américain Donald Trump, chaque vendredi, nous sommes proches d’une solution à la crise iranienne. Tandis que chaque lundi s’annonce marqué par de nouvelles menaces contre les dirigeants du pays, provoquant une forte volatilité des marchés.
Au-delà de l’incertitude générale qui entoure la première hausse des taux d’intérêt, comme l’a admis la présidente de la BCE, Christine Lagarde, les préoccupations qui se développent au sein de la BCE concernent la stratégie globale de politique monétaire pour la période à venir.
Des questions telles que le nombre de hausses de taux d’intérêt que la zone euro peut supporter, leur calendrier et la stratégie pour sortir de la phase de taux élevés sont autant de sujets qui préoccupent constamment les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE… De telles mesures brutales pourraient inciter les marchés à s’en prendre à la dette européenne. Alors que la BCE disposerait de très peu de moyens de réagir.