La guerre israélo-américaine contre l’Iran affecte de plus en plus les consommateurs, bien au-delà des prix de l’énergie. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz font grimper le coût des engrais et alimentent une forte hausse des prix alimentaires mondiaux. La pomme de terre est la dernière victime en date, ses prix à terme ayant explosé ces dernières semaines.
Les contrats financiers liés à la pomme de terre ont bondi de plus de 700 % au cours du mois d’avril affichant une hausse de plus de 34 % sur un an à la mi-mai, selon les données de Trading Economics publiées le 15 mai. Cette flambée des prix est principalement due aux inquiétudes concernant l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’approvisionnement en engrais, le coût de l’énergie et les routes commerciales agricoles. A préciser au passage que la pomme de terre est une culture gourmande en nutriments qui dépend fortement des engrais azotés tels que l’urée et l’ammoniac.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des exportations mondiales de pétrole brut, est également crucial pour l’acheminement des engrais azotés. Selon les estimations du secteur, les prix des engrais ont déjà bondi d’environ 80 % depuis le déclenchement de la guerre. D’après les estimations de l’ONU, environ un tiers du commerce mondial d’engrais transite habituellement par le détroit, notamment des cargaisons d’urée, de potasse et de phosphates. Les analystes indiquent que les marchés intègrent de plus en plus le risque de hausse des coûts agricoles et de mauvaises récoltes futures.
Les analystes estiment que cette flambée des prix ne devrait pas entraîner de pénuries immédiates et que les marchés réagissent plutôt aux anticipations de hausse des coûts agricoles, des engrais et du transport qu’à une rupture des approvisionnements en pommes de terre. Mais si les perturbations des flux d’engrais et des marchés de l’énergie persistent, la pression pourrait se répercuter sur l’ensemble du secteur agroalimentaire. Les produits transformés à base de pommes de terre, tels que les frites, les chips et les surgelés, sont considérés comme particulièrement vulnérables en raison de leur dépendance à l’agriculture industrielle, à une production énergivore et aux chaînes d’approvisionnement mondiales.