La hausse brutale des prix des carburants liée à la guerre contre l’Iran commence à produire des effets massifs sur l’économie américaine. Selon une analyse de l’expert américain Jeff Colgan, les consommateurs américains auraient déjà supporté près de 40 milliards de dollars de coûts supplémentaires en raison de l’envolée des prix à la pompe.
Depuis le début du conflit, les prix de l’essence aux États-Unis ont bondi de plus de 50 %, atteignant en moyenne plus de 4,50 dollars le gallon à l’échelle nationale. Cette flambée est directement liée aux tensions dans le Golfe et aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Selon un article de Jeff Colgan, professeur de sciences politiques à l’Université Brown, aux USA, paru dans le quotidien The New York Times : « la gravité de la hausse des prix du carburant ne se limite pas au seul coût, mais s’étend au fardeau inégal qu’elle fait peser sur les familles américaines, car les coûts de l’énergie ont pesé sur la classe ouvrière, et la situation pourrait s’aggraver cet été, les prix augmentant de plus en plus tant que le détroit d’Ormuz restera fermé à la navigation ».
Colgan affirme que la hausse des prix de deux produits énergétiques seulement, à savoir l’essence et le diesel, a alourdi la facture des consommateurs américains de près de 40 milliards de dollars… L’impact dépasse largement les seules stations-service. La hausse des prix du pétrole alimente désormais une inflation plus générale : transport aérien, produits alimentaires et logistique enregistrent eux aussi des augmentations sensibles. Selon les dernières données américaines, l’inflation a atteint 3,8 % en avril, son plus haut niveau depuis trois ans.
Face à cette situation, l’administration Trump cherche des mesures d’urgence pour contenir la colère des consommateurs. La Maison-Blanche envisage notamment une suspension temporaire de la taxe fédérale sur l’essence afin d’atténuer la hausse des prix. Mais plusieurs analystes jugent cette mesure insuffisante si les tensions militaires persistent au Moyen-Orient.
Les marchés restent extrêmement nerveux. De nombreux observateurs redoutent qu’un prolongement du conflit ou une nouvelle perturbation dans le détroit d’Ormuz ne fasse grimper durablement le baril au-dessus de 100 dollars, avec un risque accru de ralentissement économique mondial.