Alors que dimanche 5 avril, les Chrétiens célébraient leur journée la plus sacrée, les fêtes de Pâques, voici comment le président américain a célébré la sienne à travers son Truth social : « Mardi (7 avril), en Iran, ce sera la Journée de la Centrale électrique et la Journée du pont, le tout en un seul jour. Ça va être du jamais vu ! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous bâtards, ou j’ouvrirai sur vous les portes de l’enfer ! Vous verrez ! Louange à Allah » (sic).
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’expose devant le monde entier comme un président désorienté qui ne peut ni parler décemment, ni penser rationnellement. Cette fois, il a fait non pas un pas de plus, mais un bond dans le sens de l’indécence et de l’irrationalité. Démontrant à son peuple et au monde qu’il n’est pas seulement désorienté, mais désespéré de ne trouver aucune porte de sortie du piège où il se débat frénétiquement depuis six semaines.
Tout d’abord, bombarder les centrales électriques, les ponts ou tout autre infrastructure civile constitue un crime de guerre au sens du droit international et des Conventions de Genève. Mais Trump n’a pas seulement menacé de commettre des crimes de guerres; il a commencé son agression contre l’Iran par un abominable crime de guerre en bombardant sciemment une école : 165 fillettes âgées de 7 à 11 ans et des dizaines d’enseignants et d’enseignantes furent déchiquetés par les missiles Tomahawk américains.
Commentant le désastre de l’école primaire de la ville iranienne de Minab, le professeur John Mearsheimer a déclaré : « Si un jour un tribunal comme celui de Nuremberg devait juger ce crime de guerre, Trump et Netanyahu seraient pendus. »
Le désespoir de Trump se lit quotidiennement dans son incapacité de quitter son monde illusoire et de vivre dans le monde réel, dans ses déclarations contradictoires, dans ses mensonges, dans ses attaques verbales de bas étage contre ses alliés européens, dont la plus méprisable est celle qu’il réserva au président français Emmanuel Macron etc.
Le dimanche 5 avril restera dans l’histoire de cette guerre comme la journée où le désespoir du président américain a atteint des sommets au point qu’il est sorti littéralement de ces gonds. Les mots indécents qu’il a employés dans son énième ultimatum aux Iraniens ont beaucoup plus choqué les citoyens américains que les destinataires.
Depuis les premiers jours de la guerre, Donald Trump n’arrête pas de se vanter que : « Nous avons tué leurs dirigeants, détruit leurs défenses aériennes, leurs missiles, leur programme nucléaire. Nous avons tout détruit, l’Iran n’a plus rien… »
Et puis, dimanche 5 avril, il apprend que dans l’opération de sauvetage du 2ème pilote du F-15 descendu par les défenses antiaériennes iraniennes, l’armée américaine a perdu deux avions C-130 et quatre ou cinq hélicoptères dont les carcasses noircies dans la région d’Isfahan sont montrées en boucle dans les télévisions et les réseaux sociaux du monde.
Pete Hegseth, que l’ambassadeur à la retraite Chas Freeman a baptisé « le secrétaire aux crimes de guerre », ne pouvait cacher un tel désastre à son patron, qui est entré dans un état de désespoir, lui faisant perdre toute maitrise de soi.
Beaucoup de commentateurs américains ne cachent pas leur crainte que si l’Amérique laisse Trump libre dans ses faits et gestes, « son ego blessé, sa personne humiliée et sa démence caractérisée vont le pousser à commettre l’irréparable ».
Cette crainte a été clairement exprimée hier par le colonel à la retraite Daniel Davis dans son podcast ‘’Deep Dive’’ en ces termes : « Trump montre des signes évidents de démence. Si le Congrès et le vice-président ne vont pas invoquer l’article 25 de la Constitution qui s’applique à son cas, il risquera, dans sa folie, de recourir à l’arme nucléaire contre l’Iran. »
Un appel de détresse auquel souscrivent sans doute des millions d’Américains; mais que le Congrès et le vice-président continuent jusqu’à présent d’ignorer.