La Chine et les États-Unis avancent vers un mécanisme de réduction mutuelle des droits de douane portant sur environ 30 milliards de dollars de marchandises dites « non sensibles », dans le cadre d’une tentative de stabilisation de leurs relations commerciales après plusieurs années de tensions tarifaires et technologiques.
Le projet était au cœur des discussions préparatoires au sommet organisé à Pékin entre les présidents américain, Donald Trump, et chinois, Xi Jinping, a rapporté le 19 mai Bloomberg. Il prévoit la mise en place d’un mécanisme de « commerce administré » permettant aux deux puissances de réduire certaines barrières douanières sur des produits jugés non stratégiques, sans toucher aux secteurs considérés comme sensibles pour la sécurité nationale.
Cette approche marque un changement important dans la stratégie américaine. Washington ne chercherait plus à pousser Pékin à transformer son modèle économique dirigé par l’État, mais viserait plutôt un rééquilibrage pragmatique des échanges via des objectifs commerciaux chiffrés. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a comparé ce futur mécanisme à un « adaptateur » capable de connecter deux systèmes économiques très différents.
Selon plusieurs sources proches des négociations citées par le média, les réductions tarifaires pourraient concerner des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou certains biens de consommation. Pékin maintient actuellement des surtaxes importantes sur plusieurs produits américains, notamment le pétrole, le gaz naturel liquéfié et certaines denrées agricoles, tandis que les États-Unis conservent des droits élevés sur de nombreux produits manufacturés chinois.
Les discussions s’inscrivent dans un contexte de fort recul des échanges entre les deux premières économies mondiales. Le commerce bilatéral de biens aurait chuté de 29 % en 2025, tandis que le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine est tombé à son plus bas niveau depuis près de vingt ans.
Des responsables américains évoquent également la possibilité de rétablir certaines exemptions tarifaires supprimées ces dernières années, notamment sur des équipements industriels, des produits médicaux et certaines technologies non stratégiques. Un projet parallèle de « Board of Investment » destiné à encadrer les investissements croisés entre les deux pays serait aussi à l’étude, même si plusieurs secteurs industriels américains restent très méfiants vis-à-vis des capitaux chinois.
Malgré cette tentative de détente, les grandes barrières commerciales et technologiques mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche demeurent largement intactes. Les droits de douane américains sur certains produits chinois atteignent encore des niveaux record, tandis que Pékin poursuit sa politique de diversification commerciale vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.