À l’issue de leur réunion à Paris, mardi 19 mai 2026, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 ont insisté sur la nécessité d’une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Les responsables des sept grandes économies industrialisées ont également plaidé pour une réduction des déséquilibres commerciaux dans une économie mondiale fragilisée par les tensions géopolitiques.
Réunis pour une deuxième journée de discussions consacrées aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient et à la volatilité des marchés obligataires, les participants ont souligné l’importance d’assurer un passage maritime « libre et sécurisé » dans cette voie maritime essentielle reliant le Golfe au reste du monde. Ils ont aussi réaffirmé leur volonté de maintenir la pression sur la Russie dans le dossier ukrainien.
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, hôte de la rencontre, a expliqué que les discussions avaient également porté sur la diversification des approvisionnements en terres rares et minerais critiques, ainsi que sur la nécessité de corriger des déséquilibres économiques jugés « non soutenables ». Selon lui, le Fonds monétaire international devra renforcer ses capacités d’analyse et de surveillance de ces déséquilibres mondiaux.
Dans leur déclaration commune, les membres du G7 ont estimé qu’il était « impératif » de restaurer rapidement la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz afin d’atténuer les tensions pesant sur les chaînes d’approvisionnement mondiales en énergie, en denrées alimentaires et en engrais.
Cette prise de position intervient alors que le président américain Donald Trump a affirmé lundi avoir suspendu une attaque prévue contre l’Iran après la réception d’une proposition iranienne visant à relancer les négociations. Il a évoqué une « très bonne chance » de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien.
Certains pays du G7 auraient néanmoins exprimé leur irritation face aux frappes menées par Washington et Israël contre l’Iran sans concertation approfondie sur leurs conséquences économiques, notamment le risque de paralysie durable du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial.
Les responsables du G7 ont appelé le FMI et la Banque mondiale à soutenir davantage les pays les plus vulnérables face à la flambée des coûts énergétiques et alimentaires provoquée par les tensions au Moyen-Orient.
A noter par ailleurs que trois pays du Golfe ont participé aux discussions parisiennes afin d’évaluer les répercussions régionales de la crise.