Le conflit en cours au Moyen-Orient continue de perturber fortement le secteur mondial du tourisme. Et ce, en modifiant les choix des voyageurs et en redistribuant les flux touristiques vers de nouvelles destinations jugées plus sûres. C’est ce qu’il ressort d’une analyse de Capital publiée le 18 mai.
D’après plusieurs acteurs du secteur touristique et des données de marché, les tensions militaires dans la région du Moyen-Orient ont provoqué une baisse significative des réservations vers les pays directement ou indirectement touchés. Des destinations comme la Jordanie, le Liban ou encore certains hubs du Golfe enregistrent un ralentissement marqué de la demande, notamment sur les segments européens.
L’impact ne se limite toutefois pas au Moyen-Orient. Les perturbations des routes aériennes, la hausse des coûts énergétiques et l’incertitude sécuritaire ont également des effets en cascade sur des régions plus éloignées. Certaines destinations d’Asie du Sud-Est, comme la Thaïlande, observent ainsi un recul des arrivées en provenance d’Europe, en particulier sur certaines nationalités.
Dans ce contexte, les voyageurs tendent à privilégier des pays perçus comme plus stables et accessibles. Plusieurs destinations du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord, notamment l’Espagne, le Portugal et le Maroc, enregistrent une hausse de la demande, profitant d’un phénomène de substitution géographique des flux touristiques.
Des acteurs du secteur soulignent que ce déplacement de la demande n’est pas uniquement conjoncturel. Il traduit aussi une recomposition plus large des arbitrages des voyageurs, désormais plus sensibles aux critères de sécurité, de stabilité géopolitique et de continuité des transports aériens.
Les analystes estiment que, tant que les tensions persisteront, cette reconfiguration se prolongera, avec une redistribution durable des parts de marché entre les grandes régions touristiques mondiales. Dans le même temps, certaines entreprises du secteur ajustent déjà leurs prévisions et stratégies commerciales pour s’adapter à cette nouvelle géographie du voyage.