Le Parlement libyen basé dans l’Est du pays a officiellement nommé, lundi 2 octobre, Fawzi Abou Khazam, gouverneur de la Banque centrale de Libye, après avoir accepté la démission de son prédécesseur, Naji Issa.
Membre du conseil d’administration de l’institution monétaire, Abou Khazam avait déjà été chargé d’assurer provisoirement la direction de la Banque centrale le 22 octobre, à la suite de l’acceptation préliminaire de la démission de Naji Issa.
Naji Issa avait présenté sa démission en août aux deux chambres législatives, sans en rendre publiques les raisons. Il avait pris ses fonctions en 2024, à la faveur d’un accord entre le Parlement de l’est et le Haut Conseil d’État basé à Tripoli, qui avait permis de mettre fin à une crise autour du contrôle de la Banque centrale.
La nouvelle nomination intervient toutefois dans un contexte de divisions persistantes entre les institutions politiques de l’est et de l’ouest. Le Haut Conseil d’État n’avait pas encore commenté le vote du Parlement de l’est lundi. Les désaccords sur la procédure de désignation du gouverneur font ainsi peser des incertitudes sur la gouvernance d’une institution essentielle à l’équilibre économique du pays.
Le dinar et les finances publiques au cœur des priorités
Le chef du gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli, Abdelhamid Dbeibah, a rencontré lundi Fawzi Abou Khazam pour discuter de la situation économique et financière du pays. Les échanges ont notamment porté sur la stabilité du taux de change du dinar libyen, la coordination entre le gouvernement et la Banque centrale ainsi que la maîtrise des dépenses publiques.
La Banque centrale joue un rôle déterminant dans la gestion des recettes pétrolières, des réserves de change, de la politique monétaire et des paiements. Dans une économie fortement dépendante des hydrocarbures, son fonctionnement est étroitement lié à la répartition des ressources publiques et aux rapports de force entre les autorités rivales.
Un précédent qui rappelle les risques économiques
La crise de gouvernance de 2024 avait provoqué de fortes tensions institutionnelles et contribué à l’interruption de la production pétrolière dans plusieurs champs, entraînant une baisse des exportations. Un compromis négocié sous l’égide des Nations unies avait alors permis la nomination de Naji Issa et de son adjoint.
La consolidation de la direction de la Banque centrale constitue donc un enjeu majeur pour la stabilité monétaire et financière de la Libye. Elle dépendra notamment de la capacité des institutions de l’est et de l’ouest à préserver l’unité opérationnelle de l’établissement et à s’accorder sur les règles de gouvernance et de gestion des ressources publiques.