Et si Donald Trump envisageait de franchir le tabou nucléaire pour en finir avec l’Iran ? C’est l’avertissement explosif lancé par le journaliste américain Tucker Carlson, qui évoque un scénario aux conséquences potentiellement apocalyptiques pour le Moyen-Orient et le monde entier.
Faut-il prendre au sérieux les menaces de Donald Trump, qui, exaspéré par l’impasse des négociations avec Téhéran, envisage désormais de lancer une nouvelle offensive contre l’Iran au lendemain des élections de mi-mandat ?
« La seule raison pour laquelle je n’en ai pas encore fini avec l’Iran, c’est que je veux être gentil… Mais il faudra bien, à un moment ou à un autre, leur asséner un coup de massue », a lancé le président américain, dimanche 1er novembre, lors de l’un de ses derniers meetings de campagne.
Nouvelle rodomontade d’un président coutumier des volte-face, ou menace à prendre au sérieux ? Avec Trump, difficile de faire la part entre la provocation, la posture de négociation et la véritable intention de passer à l’acte.
Cela étant, il convient de prendre les menaces présidentielles au sérieux, a réagi Tucker Carlson. Et ce n’est pas n’importe qui : journaliste et animateur américain, devenu l’une des voix les plus influentes de la droite conservatrice grâce à ses émissions télévisées et à ses prises de position très médiatisées, cet ancien proche allié de Donald Trump a fini par rompre avec le président. En cause, notamment, son soutien sans réserve à Israël et sa politique militaire au Moyen-Orient, que Carlson critique ouvertement.
Apocalypse Now
En effet, dans un long message publié sur X, le 2 novembre 2026, et largement relayé par les médias internationaux, l’ancien présentateur vedette de Fox News lance une mise en garde pour le moins alarmante, sous le titre : « L’administration Trump pourrait être à quelques jours d’une frappe nucléaire contre l’Iran ». Il affirme que sous la pression du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, la Maison Blanche pourrait franchir un nouveau seuil dans l’escalade militaire et envisager, dans les prochains jours, le recours à l’arme nucléaire contre Téhéran. Bigre !
Il précise même que la cible d’une éventuelle frappe nucléaire américaine serait le mont Pickaxe (ou montagne de la Pioche) dans le centre de l’Iran, où Téhéran aurait, selon les services de renseignement israéliens, relancé ses activités d’enrichissement d’uranium. Et comme aucune arme conventionnelle de l’arsenal américain ne serait capable de pénétrer les quelque 90 mètres de granite qui protégeraient les tunnels souterrains abritant ces installations, l’arme nucléaire serait la seule option militaire susceptible de détruire le site.
« Les retombées radioactives d’une explosion souterraine au mont Pickaxe pourraient contaminer le golfe Persique et empoisonner les réserves d’eau potable de quelque 100 millions de personnes », avertit l’auteur de l’article.
Le cynisme de Netanyahou
Dans un autre volet, le journaliste américain affirme que Benyamin Netanyahou appellerait quotidiennement Donald Trump pour le pousser à franchir ce pas extrême. Le Premier ministre israélien, fragilisé par les dernières élections législatives, serait dans l’incapacité de réunir les 61 sièges nécessaires à la formation d’une majorité à la Knesset, faute de parvenir à un accord avec d’autres formations politiques, poursuit-il. Dans cette impasse politique, Netanyahou aurait tout intérêt à prolonger la guerre pour se maintenir au pouvoir. Car une perte de son poste pourrait l’exposer à de nouvelles procédures judiciaires avec, à la clé, le risque d’une condamnation et même de la prison.
Carlson soutient également que Netanyahou exercerait de fortes pressions sur plusieurs hauts responsables de l’administration américaine, notamment le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le chef du CENTCOM, Brad Cooper. Il cite aussi le secrétaire d’État, Marco Rubio, ainsi que le directeur de la CIA, John Ratcliffe, qu’il présente comme des responsables acquis à la ligne israélienne.
« Netanyahou se serait rendu secrètement à Abou Dhabi, le 27 septembre, pour tenter de rallier les Émirats arabes unis à une nouvelle offensive contre l’Iran. Une démarche qui aurait essuyé un refus », a dévoilé le journaliste qui rappelle que les alliés traditionnels de Washington au Moyen-Orient redoutent une reprise des hostilités.
La boîte de Pandore nucléaire
L’ancien présentateur vedette de Fox News met enfin en garde contre les conséquences d’un éventuel recours à l’arme nucléaire, qui ferait voler en éclats un tabou international majeur et ouvrirait une brèche dangereuse dans l’ordre nucléaire mondial. Une telle frappe américaine contre l’Iran, assure-t-il, pourrait offrir à Moscou un précédent pour justifier un recours similaire à l’arme atomique contre l’Ukraine. L’Inde et le Pakistan pourraient à leur tour être tentés de franchir ce seuil dans leur confrontation, tout comme la Corée du Nord face à la Corée du Sud.
Au final, que faut-il penser de cette mise en garde glaçante avancée par Tucker Carlson ? Il convient toutefois de souligner que le commentateur conservateur américain n’avance aucune preuve publique permettant d’étayer l’existence d’un projet de frappe nucléaire américaine contre l’Iran. Ses révélations, aussi alarmantes soient-elles, restent donc à prendre avec les précautions qui s’imposent.
Reste qu’une première frappe nucléaire américaine contre l’Iran pourrait ouvrir une spirale d’escalade aux conséquences incontrôlables et précipiter le monde dans une Troisième Guerre mondiale, aussi fulgurante que dévastatrice. Un scénario apocalyptique qui donne froid dans le dos et rappelle qu’en matière nucléaire, le point de non-retour peut être franchi en une fraction de seconde.