Un radar publié par Anthropic met en évidence ce que l’IA pourrait faire en théorie, par rapport à ce qu’elle fait déjà dans la pratique. L’écart entre les deux en dit long sur l’avenir de l’emploi, mais aussi sur les actions que les décideurs devraient entreprendre dès maintenant. D’où la question qui se pose: quels métiers l’IA remplace-t-elle ou pourrait-elle remplacer demain ?
Selon le graphique de l’étude » Labor market impacts of AI », publiée par Anthropic en mars 2026, la réponse est visuelle. Il compare, pour une vingtaine de familles de métiers, deux réalités : ce qu’une IA pourrait accomplir en théorie (en bleu) et ce que Claude, l’assistant d’Anthropic, fait déjà dans le monde du travail (en rouge). Les données portent sur les emplois aux États-Unis.
Un grand écart entre la théorie et la pratique
Premier enseignement : la zone bleue est immense. Les métiers de la gestion et de la finance, du management, de l’informatique et des mathématiques, de l’architecture et de l’ingénierie, des sciences, du droit et de l’administration sont, en théorie, exposés à des niveaux proches du maximum. L’enseignement, les arts et les médias, ainsi que, dans une moindre mesure, l’action sociale, suivent à des niveaux élevés ou intermédiaires.

Les métiers du concret, à l’abri à court et moyen terme
À l’opposé, le radar se resserre autour de son centre pour toute une série d’activités : l’agriculture, le BTP, l’industrie, la maintenance et la réparation, le transport et la logistique, l’entretien, la restauration, la sécurité et les services à la personne. Les métiers des secteurs primaire et secondaire, ceux du soin et de l’entretien, ainsi que ceux qui exigent une présence physique, une dextérité ou un contact humain direct, apparaissent comme les moins exposés, du moins à court et moyen terme.
La nuance est de taille : « moins exposés » ne signifie certainement pas « à l’abri pour toujours ». Le graphique mesure ce que des systèmes d’IA conversationnels peuvent faire aujourd’hui, et non l’avenir de la robotique ni les progrès à venir.
Pourquoi cette cartographie intéresse-t-elle les décideurs ?
Pour un pays comme la Tunisie, où les emplois qualifiés de bureau, les services externalisés et les professions juridiques, comptables ou administratives occupent une place croissante parmi les diplômés, cette lecture constitue un outil d’anticipation.
Pour Moez Joudi, Président de l’Institut Tunisien des Administrateurs, via sa page officielle Fb, « il s’agit d’une idée essentielle sur les métiers que l’IA est en train de remplacer ou pourrait remplacer demain. Les métiers des secteurs primaire et secondaire, de l’entretien, de la maintenance et de la restauration sont les moins exposés, du moins à court et moyen terme. Cette cartographie est vitale pour chaque pays et pour chaque décideur politique qui se respecte et respecte ses citoyens, en cherchant à réadapter ses politiques, à orienter son système éducatif et à anticiper l’avenir. »