L’économie de la zone euro a progressé de 0,4 % au troisième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, selon la première estimation d’Eurostat.
À l’échelle de l’Union européenne, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,5 %, après une progression de 0,7 % au trimestre précédent. Sur un an, la croissance atteint 1,3 % dans la zone euro et 1,5 % dans l’ensemble de l’UE. Ces chiffres préliminaires restent susceptibles d’être révisés à mesure que de nouvelles données seront disponibles.
L’Irlande affiche la progression trimestrielle la plus élevée parmi les pays disposant de données, avec une hausse de 5,5 %. Ce résultat contribue fortement à la performance globale de la zone euro, même si les chiffres irlandais doivent être interprétés avec prudence en raison de la volatilité de l’activité des multinationales. Hors Irlande, la croissance de la zone euro serait limitée à environ 0,2 %, selon des économistes cités par l’Associated Press.
L’Espagne et les Pays-Bas enregistrent chacun une croissance de 0,6 %, tandis que l’Allemagne progresse de 0,2 %. L’économie italienne stagne, alors que le PIB français recule de 0,1 %. Ces écarts illustrent les difficultés persistantes des principales économies industrielles européennes, confrontées à des coûts de production élevés et à une demande encore fragile.
Le coût de l’énergie pèse sur les perspectives
Cette résistance relative intervient dans un environnement économique marqué par la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Le renchérissement des hydrocarbures alourdit les dépenses des ménages, augmente les coûts des entreprises et complique les perspectives de reprise.
L’inflation dans la zone euro a atteint 3,8 % en septembre, selon les données rapportées par l’Associated Press, s’éloignant davantage de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE). L’institution a néanmoins maintenu ses taux directeurs lors de sa réunion de jeudi, dans un contexte où elle doit arbitrer entre la maîtrise des prix et le soutien à une activité économique modérée.
La persistance des tensions énergétiques pourrait toutefois compliquer cet équilibre. Une transmission durable de la hausse du pétrole aux prix des biens et des services risquerait de prolonger l’inflation et de peser sur le pouvoir d’achat. Elle pourrait également contraindre la BCE à envisager un nouveau resserrement monétaire, au risque de renchérir davantage le crédit pour les ménages et les entreprises.
Une résilience encore fragile
La croissance du troisième trimestre montre que l’économie européenne continue de progresser malgré les incertitudes géopolitiques. Elle ne suffit cependant pas à écarter le risque d’un ralentissement plus marqué si les prix de l’énergie restent élevés et si la consommation s’affaiblit.
Les prochaines estimations d’Eurostat permettront de préciser l’ampleur de cette croissance et sa répartition entre les États membres. Pour la zone euro, le principal défi reste de préserver l’activité sans laisser les tensions énergétiques alimenter une nouvelle spirale inflationniste.