La Tunisie entre dans une nouvelle phase de sa transformation industrielle, en misant sur le numérique et l’intelligence artificielle, a affirmé le ministre de l’Industrie, Salah Zouari, qui annonce aussi des mesures pour éviter le retour des coupures d’électricité de l’été 2026.
Dans un contexte de mutations mondiales accélérées, les technologies modernes, la numérisation et l’intelligence artificielle sont devenues l’un des principaux axes sur lesquels l’État mise pour développer les entreprises industrielles et renforcer leur compétitivité. Le programme de transformation industrielle vise à structurer ces entreprises. Le ministère travaille, en coopération avec l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), à l’élaboration d’une stratégie intégrée de transformation numérique de l’industrie tunisienne.
Lancée en 2018, cette démarche commence à porter ses fruits et a abouti au dispositif E-CAP 1.0 et à la plateforme « Tunisian Industrial Management Assessment ». Ces outils évaluent et accompagnent les entreprises pour les aider à satisfaire aux normes internationales. Ils leur permettent de monter en gamme et de préserver leur compétitivité, sur le marché tunisien comme dans les marchés et appels d’offres à l’international.
L’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation joue un rôle central et met à disposition les mécanismes nécessaires à la mise à niveau des entreprises. Environ 400 d’entre elles en ont bénéficié à ce jour, et près de 2 900 cadres ont été formés à l’industrie intelligente. Selon certaines indications, une cinquantaine de nouvelles entreprises s’apprêteraient à s’engager dans cette voie. Les centres et structures spécialisés les aident à réussir leur transformation numérique, de manière à aligner l’économie tunisienne sur les normes en vigueur dans le monde.
L’environnement, partie intégrante du dispositif
Le dispositif d’évaluation et d’accompagnement ne se limite pas au volet technologique et numérique. Il couvre l’ensemble de l’activité industrielle, y compris les exigences environnementales. L’évaluation prend en compte les méthodes de fabrication et le traitement des questions environnementales liées à la production. Les industriels tunisiens peuvent ainsi satisfaire aux normes requises à l’échelle mondiale, notamment environnementales, devenues déterminantes pour accéder aux marchés et aux appels d’offres internationaux.
Électricité : des mesures dont les effets se feront sentir dès l’été 2027
Après les coupures d’électricité et la forte pression sur le réseau enregistrées durant l’été 2026, le ministre a assuré que l’État avait évalué la situation et pris plusieurs mesures pour éviter qu’elle ne se reproduise. Leur mise en œuvre se poursuit et leurs effets se feront sentir progressivement, en particulier à l’horizon de l’été 2027, ce qui devrait atténuer les déficits et les perturbations constatés.
L’énergie constitue une priorité pour le ministère, en raison de son lien direct avec la continuité de l’activité industrielle. Les données et mesures seront communiquées au public en temps opportun. Selon le ministre, la situation résultait d’une forte hausse de la demande d’électricité, coïncidant avec un contexte mondial exceptionnel, mais elle peut être corrigée par des interventions qui seront dévoilées prochainement.
Le gouvernement entend accélérer la réalisation et la mise en service des projets de production d’électricité, ainsi que les projets de transition énergétique, en particulier ceux qui ont été lancés sans être encore achevés. Il étudie les possibilités permettant de les mettre en exploitation dans les meilleurs délais, afin de renforcer la capacité du système électrique à répondre à une demande croissante. Ces mesures font partie des solutions envisagées, et leur détail sera précisé prochainement.
Parallèlement au traitement des défis énergétiques, la Tunisie mise sur la transformation numérique, l’industrie intelligente et le respect des normes environnementales, éléments essentiels pour renforcer la compétitivité des entreprises industrielles et leur capacité à suivre les évolutions mondiales.