Des dizaines de diplômés du supérieur au chômage ont pris la route à pied, dimanche 27 septembre, depuis Menzel Bouzaiane (gouvernorat de Sidi Bouzid) en direction du palais présidentiel de Carthage, à quelque 300 kilomètres.
Ils réclament l’application accélérée de la loi de décembre 2025 sur le recrutement exceptionnel des chômeurs de longue durée. Baptisée « Marche de la dignité » par ses participants, cette marche pacifique est partie dans la matinée de Menzel Bouzaiane. Des proches de chômeurs, parents et enfants, ont rejoint le cortège, a indiqué Wassim Jedi, secrétaire général du bureau régional des diplômés chômeurs, à Diwan FM. Les marcheurs scandent « Travail, liberté, dignité nationale ».
Leur revendication principale : la mise en œuvre rapide de la loi n° 18 de 2025, qui prévoit le recrutement dans la fonction publique et le secteur public de diplômés du supérieur sans emploi depuis dix ans ou plus. Ils veulent remettre leurs doléances directement au président Kaïs Saïed.
Une participante, Wiem Othmani, a déclaré à Al-Araby TV que les protestataires avaient épuisé les autres options après de nombreux sit-in, et que Carthage restait leur dernier recours.
A cet égard, notons qu’adoptée le 16 décembre 2025 par l’Assemblée des représentants du peuple (92 voix pour, une contre et quatre abstentions), la loi a été publiée au Journal officiel de la République le 23 décembre 2025, sous la date du 22 décembre. Elle organise un recrutement échelonné sur trois ans. Les dossiers sont déposés via une plateforme numérique. Les candidats y sont classés selon leur âge, l’année d’obtention de leur diplôme et leur situation sociale. Certaines sources font état de conditions supplémentaires, comme un âge supérieur à 40 ans et l’inscription dans un bureau de l’emploi.
Pourtant, plusieurs mois après sa publication, ses bénéficiaires potentiels attendent toujours son application, faute de décrets d’application et de lancement de ladit3 plateforme.
Ainsi, les chômeurs redoutent que le texte ne connaisse le même sort que la loi n° 38 de 2020, votée par le Parlement précédent et jamais appliquée.