Les petites et moyennes entreprises américaines font face à une nouvelle vague de perturbations des chaînes d’approvisionnement, alimentée par la hausse des coûts énergétiques, du transport maritime et du diesel, ainsi que par les tensions géopolitiques.
Selon des témoignages recueillis par CNN publiées le 21 septembre, certains dirigeants considèrent la situation actuelle comme plus difficile à gérer que celle provoquée par la pandémie de Covid-19. À l’époque, les chaînes logistiques avaient été largement bloquées. Aujourd’hui, les marchandises continuent de circuler, mais avec davantage de coûts, de retards et d’incertitudes.
Le coût du transport s’envole
Les entreprises doivent notamment composer avec la hausse du prix du diesel, qui a fortement augmenté depuis le mois de mars dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et des perturbations affectant les approvisionnements énergétiques.
Le transport maritime est lui aussi soumis à de nouvelles contraintes. Les perturbations en mer Rouge contraignent de nombreux navires à contourner l’Afrique, allongeant les trajets et augmentant les besoins en carburant et en capacités de transport.
Selon Ryan Petersen, directeur général de Flexport, cité par CNN, ces détours ont contribué à réduire d’environ 15 % la capacité mondiale de transport disponible en 2026. Les tensions dans le Golfe et les perturbations liées aux conditions météorologiques viennent également compliquer les opérations portuaires.
Des entreprises prises entre coûts et demande
Pour les PME, la difficulté tient également à leur capacité limitée à répercuter ces hausses sur leurs prix. Les consommateurs américains restent sensibles à l’inflation et peuvent réduire leurs achats lorsque les prix augmentent.
L’exemple de Dilworth Coffee, entreprise basée en Caroline du Nord, illustre cette accumulation de contraintes. Après les difficultés liées aux récoltes de café au Brésil en 2024 et l’impact des droits de douane américains, l’entreprise doit désormais gérer les conséquences des perturbations maritimes et de l’augmentation des coûts logistiques.
Son dirigeant explique que l’entreprise, qui pouvait auparavant sécuriser ses approvisionnements de café 12 à 24 mois à l’avance, ne planifie désormais que sur une période de trois à six mois. La réduction des stocks est également liée à la hausse du coût du transport et à la diminution des marges.
Une visibilité réduite
Cette incertitude modifie profondément la gestion des stocks. Les entreprises doivent arbitrer entre le risque de manquer de marchandises et celui d’immobiliser des liquidités dans des stocks plus importants.
Les fluctuations des ventes deviennent également plus difficiles à prévoir. Selon le dirigeant de Dilworth Coffee cité par CNN, les variations mensuelles habituelles de l’activité, limitées auparavant à environ 5 %, peuvent désormais atteindre 20 %.
Pour les petites entreprises disposant de moins de liquidités et d’un pouvoir de négociation inférieur à celui des grands groupes, cette volatilité constitue une contrainte supplémentaire.
Une crise différente de celle du Covid
La comparaison avec la pandémie doit toutefois être nuancée. En 2020-2021, les chaînes mondiales avaient été confrontées à des fermetures d’usines, des pénuries de conteneurs et une congestion exceptionnelle des ports.
La situation actuelle est différente : les flux commerciaux ne sont pas interrompus à la même échelle, mais ils sont soumis à une succession de perturbations qui renchérissent leur coût et réduisent leur prévisibilité.
Pour les PME, cette combinaison entre énergie chère, transport plus coûteux, délais allongés et visibilité réduite devient ainsi un problème de gestion quotidienne.
La pression pourrait également se transmettre aux prix à la consommation si les entreprises ne sont plus en mesure d’absorber ces coûts. Elle intervient alors que l’inflation américaine demeure une préoccupation pour les ménages comme pour les autorités monétaires.