La confiance des consommateurs américains s’est nettement dégradée début septembre 2026, pénalisée par la remontée des prix de l’essence et la persistance des tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux.
La confiance des consommateurs américains s’est nettement détériorée au début du mois de septembre. Selon les résultats de l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan publiés vendredi 11 septembre, l’indice de confiance est tombé à 47,8 points, contre 51,7 points en août, alors que les économistes anticipaient un recul beaucoup plus limité, à environ 51 points.
Cette dégradation intervient dans un contexte marqué par la remontée des prix des carburants et la persistance des tensions commerciales. Les ménages américains redoutent que ces deux facteurs se traduisent par une nouvelle augmentation du coût de la vie et pèsent davantage sur leurs finances au cours des prochains mois.
L’indice mesurant les anticipations des consommateurs a particulièrement reculé à 45,8 points, contre 51,5 en août. Les perspectives concernant les finances personnelles et les conditions économiques se sont également fortement dégradées. La confiance se situe désormais 16 % sous son niveau de février, avant le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran.
La flambée des carburants constitue l’une des principales sources d’inquiétude. Le prix de l’essence a fortement progressé avec la hausse des cours du pétrole, dans un marché perturbé par les tensions au Moyen-Orient et les difficultés affectant les routes d’approvisionnement énergétique. Le brut Brent a récemment dépassé les 100 dollars le baril, tandis que le diesel américain a franchi le seuil historique de 6 dollars le gallon.
Cette hausse des prix de l’énergie commence également à se transmettre à l’inflation. Les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté de 0,4 % en août sur un mois et de 3,4 % sur un an. Les prix de l’essence ont progressé de 3,9 % sur le mois, tandis que les autres carburants ont augmenté de 9,6 %.
Les anticipations d’inflation des ménages se sont, elles aussi, fortement redressées. Pour les douze prochains mois, elles atteignent 4,6 %, contre 4 % en août. Il s’agit de leur niveau le plus élevé depuis juin et d’un niveau nettement supérieur aux 3,4 % enregistrés en février, avant le début du conflit avec l’Iran. Les anticipations à cinq ans ont également progressé, à 3,4 % contre 3,3 % auparavant.
Les tensions commerciales constituent l’autre grande source d’inquiétude. Les droits de douane et l’incertitude entourant les échanges internationaux alimentent les craintes d’une hausse durable des coûts pour les entreprises, susceptible d’être répercutée sur les consommateurs.
Cette détérioration du moral des ménages intervient à un moment particulièrement sensible pour la politique monétaire américaine. La remontée de l’inflation et des anticipations de prix renforce les arguments en faveur d’une politique monétaire plus restrictive. Les marchés évaluent désormais à près de 90 % la probabilité d’une hausse de 25 points de base des taux directeurs de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion.
Le recul de la confiance pourrait ainsi compliquer davantage l’équation économique américaine : des prix de l’énergie plus élevés, une inflation persistante, des tensions commerciales et des taux d’intérêt susceptibles de rester élevés constituent autant de facteurs susceptibles de peser sur la consommation et, par conséquent, sur la croissance.