Dans le cadre d’un plan de restructuration budgétaire et de « kuwaitisation » de sa fonction publique, le ministère koweïtien de l’Éducation a engagé le licenciement de 7 019 enseignants expatriés. Une décision qui touche de plein fouet les coopérants arabes – parmi lesquels figureraient de nombreux enseignants tunisiens -, alors que le Golfe resserre ses critères d’emploi, indique un communiqué du département de l’Education.
Les premiers avis de résiliation de contrat ont commencé à être notifiés directement via l’application gouvernementale Sahel. Cette vague initiale, qui concerne 1 551 hommes et 5 468 femmes, vise à réduire les dépenses salariales annuelles de l’État koweïtien d’environ 42 millions de dinars koweïtiens (près de 137 millions de dollars).
Cette décision fait suite à un audit interne révélant un excédent global évalué à 33 268 enseignants dans les établissements publics du pays. Le ministère de l’Éducation précise que ce dégraissage s’effectuera progressivement afin d’aligner les effectifs sur les besoins réels des établissements.
Les disciplines principalement touchées par ces excédents couvrent un large spectre, allant des langues (arabe, anglais) aux spécialités du second cycle secondaire, en passant par l’éducation islamique, les mathématiques et sciences, l’éducation artistique, musicale et physique, etc. .
Remplacement par la main-d’œuvre locale et conséquences pour la Tunisie
Au-delà des coupes budgétaires, cette stratégie s’inscrit dans la nouvelle politique nationale du Koweït visant à remplacer les cadres expatriés par des diplômés locaux qualifiés, tout en restreignant le recrutement international aux seules matières en pénurie.
Bien que le communiqué officiel koweïtien ne détaille pas la répartition exacte par nationalité, cette mesure constitue un signal d’alarme pour la Tunisie. Le Koweït figure parmi les destinations traditionnelles de la coopération technique tunisienne (via l’ATCT) dans le secteur éducatif. Cette vague de résiliations de contrats, combinée à la réduction des flux de recrutement dans les autres monarchies du Golfe, risque d’accentuer la pression sur le marché du travail tunisien et de restreindre un canal clé de transfert de devises pour le pays.
Pour rassurer les coopérants, le ministère koweïtien a toutefois assuré que les procédures administratives et légales seraient strictement respectées et que les droits financiers des enseignants remerciés seraient pleinement préservés.
A suivre.