des budgets souvent insuffisants et une faible visibilité dans les grands palmarès internationaux, plusieurs universités d’Afrique subsaharienne francophone continuent de se distinguer par la qualité de leurs formations et leur production scientifique.
Un classement établi à partir des données de recherche, des publications et des citations scientifiques place l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) en tête des établissements francophones les plus performants de la région, comme le rapporte le site BBC Afrique.
Dans un contexte où les universités africaines anglophones dominent largement les classements mondiaux, les établissements francophones peinent à rivaliser en matière de financement, d’infrastructures et d’internationalisation. Pourtant, ils demeurent des acteurs essentiels de la formation des élites politiques, économiques et intellectuelles du continent.
Selon les principaux indicateurs académiques disponibles, le Top 10 des universités francophones d’Afrique subsaharienne se présente ainsi :
- Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)
- Université Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire)
- Université de Yaoundé I (Cameroun)
- Université de Kinshasa (RDC)
- Université Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso)
- Université d’Abomey-Calavi (Bénin)
- Université de Lomé (Togo)
- Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal)
- Université de Douala (Cameroun)
- Université Marien Ngouabi (Congo-Brazzaville).
L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), souligne la même source, confirme son statut de référence académique en Afrique francophone. Et de rappeler que celle-ci a été fondée en 1957, revendiquant aujourd’hui près de 1 700 chercheurs et plus de 24 000 publications scientifiques. Encore mieux, elle est la seule université d’Afrique subsaharienne francophone à figurer dans le classement Times Higher Education 2025 parmi les 1 500 meilleures universités mondiales.
Derrière l’UCAD, l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan s’impose comme le principal centre de recherche de Côte d’Ivoire, avec plus de 2 000 publications indexées et plus de 11 000 citations, notamment dans les domaines de la santé, de l’environnement et de l’agriculture.
T 840 travaux scientifiques
L’Université de Yaoundé I complète le podium. Premier pôle scientifique du Cameroun, elle rassemble plus de 6 000 auteurs ayant publié près de 7 840 travaux scientifiques, cumulant plus de 122 000 citations dans des disciplines allant de la médecine tropicale aux sciences fondamentales et sociales.
Plus loin dans le classement figurent l’Université de Kinshasa, référence historique de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo, l’Université Joseph Ki-Zerbo au Burkina Faso, forte de plus de 10 000 publications recensées, et l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, particulièrement reconnue pour ses travaux en sciences agricoles et environnementales.
L’Université de Lomé, l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, l’Université de Douala et l’Université Marien Ngouabi ferment ce Top 10, illustrant la diversité géographique et disciplinaire de la recherche francophone en Afrique subsaharienne.
Aucune université francophone d’Afrique subsaharienne dans le Top 1 000
Cette performance contraste toutefois avec la faible présence de ces établissements dans les grands classements internationaux. En 2025, aucune université francophone d’Afrique subsaharienne ne figure dans le Top 1 000 du classement de Shanghai (ARWU), tandis que le classement QS World University Rankings 2027 n’en recense aucune parmi les 1 500 premières.
Ces palmarès privilégient des critères tels que le volume de publications dans les grandes revues internationales, le nombre de chercheurs hautement cités, l’obtention de distinctions scientifiques majeures ou encore l’internationalisation des campus, autant d’indicateurs qui favorisent les universités disposant de ressources considérables.
Malgré ces contraintes, les universités francophones d’Afrique subsaharienne continuent de jouer un rôle central dans le développement de leurs pays. Elles forment chaque année des milliers d’étudiants, produisent des recherches sur la santé, le changement climatique, l’agriculture, la biodiversité ou les sciences sociales, et alimentent les administrations, les entreprises et les institutions publiques en cadres qualifiés.
Leur faible visibilité internationale ne doit donc pas masquer leur importance stratégique. Dans des contextes souvent marqués par le sous-financement et la massification de l’enseignement supérieur, ces établissements demeurent des pôles de savoir indispensables au développement scientifique, économique et social de l’Afrique francophone.