Ancien secrétaire général de l’Élysée sous Georges Pompidou, négociateur des accords de Grenelle en 1968, chef du gouvernement de François Mitterrand de 1993 à 1995, Edouard Balladur est mort ce lundi 31 août 2026, à l’âge de 97 ans, selon des sources citées par l’AFP. On se rappellera surtout de lui qu’il avait échoué face à Jacques Chirac lors de la présidentielle de 1995.
Né le 2 mai 1929 à Izmir, en Turquie, dans une famille d’origine arménienne installée en France de longue date, Édouard Balladur émigre avec les siens à Marseille dans les années 1930. Passé par Sciences Po et l’ENA, il devient conseiller d’État avant d’intégrer, en 1964, le cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre. Il participe à la négociation des accords de Grenelle pendant Mai 68, puis devient secrétaire général de la présidence de la République en 1973, poste qu’il occupe jusqu’à la mort de Pompidou l’année suivante.
Revenu au premier plan dans les années 1980, il est ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Chirac de 1986 à 1988, période de la première cohabitation. En mars 1993, à la faveur de la victoire de la droite aux législatives, il devient Premier ministre de François Mitterrand, son dernier chef de gouvernement. Sa popularité, un temps considérable, le pousse à se présenter à l’élection présidentielle de 1995, où il affronte son « ami de trente ans » Jacques Chirac lors d’une campagne à droite d’une rare âpreté.
Il retrouve ensuite son siège de député (1995-2007), préside la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, puis dirige en 2007 le comité de réflexion sur la réforme des institutions qui portera son nom, à la demande de Nicolas Sarkozy.
On lui doit aussi plusieurs ouvrages de mémoires et de réflexion politique, dans lesquels perçait une lucidité sans concession sur l’exercice du pouvoir. Comme il l’écrivait en 2010 : « Tout l’art de la politique consiste à plaire afin d’être choisi, puis maintenu en place. »