Organisée à Pékin du 22 au 26 août 2026, la deuxième édition des World Humanoid Robot Games réunit plus de 2 000 robots issus de 666 équipes et de 16 pays. Au-delà des compétitions sportives, l’événement illustre la transformation de la robotique chinoise en industrie stratégique, soutenue par l’État et portée par une chaîne d’approvisionnement de plus en plus mature.
En une décennie, les compétitions chinoises de robots sont passées de simples concours universitaires à de véritables vitrines technologiques. Pékin fait désormais de la robotique humanoïde un secteur prioritaire, au même titre que l’intelligence artificielle ou les véhicules électriques.
Les épreuves de cette édition vont bien au-delà de la course ou du football : elles testent également la capacité des robots à accomplir des tâches industrielles et quotidiennes, comme manipuler des objets, charger des matériaux ou connecter des câbles. Plus de 40 % des épreuves exigent une autonomie complète.
Le spectacle témoigne des progrès rapides réalisés par les constructeurs chinois. Des robots humanoïdes ont notamment dépassé les performances humaines sur certaines épreuves d’athlétisme, illustrant les avancées en matière de puissance, de vitesse et de contrôle. Mais derrière les records, l’enjeu est surtout industriel. Les entreprises chinoises cherchent désormais à démontrer que ces machines peuvent quitter les terrains de compétition pour intégrer les usines, les entrepôts, les services et les environnements professionnels.
Cette évolution est le résultat d’une politique industrielle engagée depuis plusieurs années par Pékin, combinant investissements publics, soutien à l’innovation et développement d’une importante chaîne de fournisseurs. Les compétitions de robots deviennent ainsi un laboratoire grandeur nature de la stratégie chinoise visant à transformer la prouesse technologique en avantage industriel et économique.