Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est présentée comme le principal projet d’intégration économique du continent, elle demeure largement inconnue en Tunisie. Selon le rapport African Insights 2026 d’Afrobarometer, publié récemment, seuls 5 % des Tunisiens déclarent avoir entendu parler de cet accord, l’un des taux les plus faibles parmi les 38 pays africains étudiés.
Cette faible notoriété ne traduit toutefois pas un rejet de l’ouverture économique. Une majorité de Tunisiens (54 %) estime qu’il est préférable de faciliter les échanges commerciaux avec les autres pays afin de créer des opportunités économiques, contre 44 % qui privilégient une protection accrue des producteurs locaux.
L’enquête révèle également une forte orientation internationale des préférences commerciales tunisiennes. Près de trois répondants sur quatre (72 %) souhaitent que le pays développe prioritairement ses relations commerciales avec l’ensemble du monde, loin devant ceux qui privilégient l’Afrique (11 %) ou la sous-région nord-africaine (7 %).
Pour Afrobarometer, ces résultats illustrent un paradoxe : les citoyens soutiennent l’ouverture commerciale, mais connaissent très peu le principal instrument d’intégration économique porté par l’Union africaine. Le rapport souligne ainsi la nécessité de renforcer les efforts de communication autour de la ZLECAf afin de rapprocher les ambitions politiques de la perception des citoyens.