L’Italie a suspendu vendredi l’application des “accords de Schengen“ avec l’Espagne, fermant ses frontières aériennes et maritimes. Prise lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur présidée par Matteo Piantedosi, la décision fait suite à l’arrivée de milliers de migrants à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, et avait été annoncée dès jeudi soir par la Première ministre Giorgia Meloni.
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Rome et Paris ont par ailleurs décidé de renforcer les contrôles à leur frontière commune, en triplant les effectifs policiers, avec 334 agents dès samedi. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a justifié cette mesure par la nécessité de protéger la sécurité des citoyens et les frontières européennes, rapportent les médias italiens et français.
Comme l’on pouvait s’y attendre, l’Espagne a vivement réagi à cette décision de Meloni : le chef de la diplomatie espagnol, José Manuel Albares, a immédiatement convoqué l’ambassadeur italien à Madrid, soulignant que la crise n’a aucun lien avec la récente régularisation de migrants décidée par le gouvernement espagnol, mais résulte d’une interprétation d’un arrêt judiciaire exploitée par des réseaux criminels.
Plusieurs pays de l’UE (Finlande, Pays-Bas, Danemark, République tchèque, Suède) se sont rangés du côté de l’Italie, tandis que la Commission européenne a rappelé que Ceuta relève d’un régime frontalier spécial, sans mouvement direct possible vers le reste de l’espace Schengen.
En Italie, la mesure alimente un débat politique tendu à l’approche des élections législatives, entre soutien de la majorité (Ligue, Fratelli d’Italia) et critiques de l’opposition, qui y voit un calcul électoraliste plus qu’une réponse à une urgence réelle.
Affaire à suivre.