Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, a plaidé pour faire de la coopération monétaire un véritable instrument de résilience face à la multiplication des chocs géopolitiques. Il s’exprimait lors de la 8e réunion du Forum des banques centrales de l’OCI-COMCEC, organisée à Istanbul les 13 et 14 septembre 2026 par la Banque centrale de Turquie, sur le thème de la résilience macroéconomique face à la fragmentation de l’économie mondiale.
Devant les gouverneurs des pays membres, il a affirmé que face à un monde fragmenté, davantage de coopération s’impose plutôt que davantage de repli. Selon lui, rapporte la géopolitique n’est plus une donnée extérieure : elle pèse désormais directement sur les réserves de change, l’inflation et les chaînes d’approvisionnement, via trois canaux principaux — l’énergie, l’alimentation et le financement extérieur.
Le gouverneur de la banque des banques illustrera son propos par la situation tunisienne : à fin juin 2026, le déficit énergétique du pays atteignait près de sept milliards de dinars, en hausse de 35% sur un an, tandis que le prix du baril progressait de quatorze dollars en douze mois. Il a également rappelé qu’en 2022, plus de la moitié du blé importé par la Tunisie provenait de Russie et d’Ukraine, exposant directement la sécurité alimentaire du pays à un conflit auquel il n’était pourtant pas partie.
Sur le plan des résultats, il a mis en avant le recul de l’inflation tunisienne, passée de plus de 10% début 2023 à seulement 5,1 % actuellement, un taux directeur stable à 7 % et des réserves couvrant près de cent jours d’importations.
Il a enfin proposé plusieurs pistes concrètes pour les pays de l’OCI : dispositifs d’alerte précoce communs, interopérabilité des systèmes de paiement, développement du règlement en monnaies locales et mécanismes de liquidité entre banques centrales.