Que deviendra l’accès aux soins pour des milliers de patients lorsque les laboratoires d’analyses médicales privés, eux-mêmes au bord de l’asphyxie financière, cesseront d’appliquer le système du tiers payant dans moins de deux semaines ?
La question n’est pas anodine. Car, le Syndicat tunisien des biologistes privés a annoncé, mercredi 1er juillet, une décision radicale : la suspension totale du tiers payant, aussi bien pour les maladies ordinaires que pour celles chroniques, et ce à partir du 13 juillet 2026.
Motif invoqué ? Un impayé chronique de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) qui dure depuis plus de sept mois, plongeant les laboratoires dans une situation financière « extrêmement difficile », affirme le syndicat.
Dès lors, les affiliés au régime du médecin de famille devront avancer l’intégralité des frais d’analyses, dans l’attente d’un remboursement ultérieur par la CNAM. Mais cette mesure, présentée comme un « dernier recours » par les biologistes, ne risque-t-elle pas de pénaliser en premier lieu les patients les plus vulnérables, incapables de faire l’avance ?
Le syndicat assure que cette décision ne vise pas à entraver l’accès aux soins, mais à « garantir la pérennité des services de santé » face à une crise financière sévère qui menace directement ce secteur vital. Pourtant, l’inquiétude grandit : que se passera-t-il si les autorités ne réagissent pas ? Les laboratoires pourront-ils continuer à fonctionner sans paiement de leurs créances ? Voilà entre autres questions ce qui taraude les esprits, pardon les patients.
Le syndicat dit maintenir son assemblée générale en réunion permanente pour suivre l’évolution de la situation et n’exclut pas de nouvelles mesures. Et au passage, il appelle les pouvoirs publics à une intervention urgente pour régler les arriérés et trouver des solutions durables. Toutefois, le temps presse : à quelques jours de l’échéance, la balle est désormais dans le camp de l’État pour éviter une rupture d’accès aux analyses médicales qui pourrait affecter des milliers de Tunisiens.
Affaire à suivre.