La Tunisie a réalisé des économies significatives sur ses importations de gaz grâce à l’intégration progressive des énergies renouvelables dans son mix énergétique. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Baccari.
S’exprimant à l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante », Nafaâ Baccari a souligné que ces efforts ont permis d’éviter des coûts estimés à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale avait atteint près de 14 milliards d’euros en 2019.
Plus d’un million de ménages équipés en solaire
Parmi les avancées majeures, le DG de l’ANME a mis en avant le développement du programme de chauffage solaire de l’eau sanitaire, qui a permis d’équiper plus d’un million de foyers tunisiens en systèmes solaires thermiques. Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’indépendance énergétique du pays et à réduire la consommation des énergies fossiles.
Il a également annoncé la poursuite et l’élargissement de plusieurs programmes destinés aux ménages, notamment en matière de production d’électricité via des installations photovoltaïques sur les toitures, ainsi que des mécanismes de subvention liés aux économies d’énergie générées par les politiques publiques.
Toujours dans le même ordre d’idées, il est à noter que, dans le cadre des politiques d’efficacité énergétique, un projet de modernisation de l’éclairage public prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique. Ce programme devrait permettre de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.
Le projet, dont le financement a été finalisé récemment, devrait démarrer en 2027, en attendant la mobilisation de financements complémentaires pour achever son extension.
Décarbonation, déchets et mobilité au cœur des priorités
Le directeur général de l’ANME a également insisté sur les grandes priorités de la prochaine phase de transition énergétique, notamment la décarbonation du secteur industriel, la valorisation énergétique des déchets, le développement de la mobilité durable et l’électrification progressive des usages.
Il a également évoqué la nécessité d’accompagner les collectivités locales dans la mise en place de plans de transition énergétique, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.
Enfin, Nafaâ Baccari a rappelé que la Tunisie s’oriente vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des énergies renouvelables, dans une dynamique de transition « juste et inclusive ».