Le ministère du Commerce et du Développement des exportations lance une étude stratégique pour réviser le plan directeur des marchés de production et de gros des produits agricoles et de la pêche. Annoncée par Mohamed Hédi Inoubli lors du 10ème Tunisia Economic Forum, cette initiative vise à corriger un réseau devenu disproportionné puisque le tissu commercial compte 82 marchés de gros. Soit une densité sept fois supérieure à celle de l’Algérie ou du Maroc par rapport à la population. Le projet prévoit une enquête exhaustive pour proposer une nouvelle carte des circuits de distribution. Mais aussi un plan de modernisation des infrastructures et un programme de financement précis. Et ce, afin de remédier aux dysfonctionnements actuels.
Cette réforme des marchés de gros répond à une nécessité économique urgente face à un système jugé déséquilibré où plus de 50% des échanges sont captés par des intermédiaires informels. Le cadre légal subit également une profonde mutation pour lutter contre les pratiques monopolistiques et la spéculation. Alors que la loi de 1994 montrait ses limites, le décret-loi de juillet 2022 a déjà amorcé le changement en imposant la numérisation des transactions et en durcissant drastiquement les sanctions financières, lesquelles peuvent désormais atteindre 500 000 dinars, accompagnées de peines de prison pour les infractions les plus graves.
L’enjeu final de cette restructuration dépasse la simple technique logistique pour devenir un levier de stabilité sociale. Les recommandations actuelles s’articulent autour de l’intégration de l’informel dans le secteur organisé, le développement de l’agriculture contractuelle et la création d’un écosystème numérique de type e-marché pour réduire le nombre d’intermédiaires entre le champ et l’assiette.