Face à la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump, les dirigeants des pays BRICS ont dénoncé le protectionnisme, le « chantage tarifaire » et les « actions unilatérales ». Ils s’exprimaient ainsi lors d’un sommet en vidéoconférence convoqué par le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, lundi 8 septembre.
Une atmosphère d’urgence régnait lors de cette conférence-vidéo des économies émergentes. Les États-Unis mènent une « offensive commerciale » contre tous, avec des droits de douane punitifs et d’autres sanctions, même contre leurs alliés, comme l’Inde, membre des BRICS. Trump ne cache pas son mécontentement envers ce groupe de pays.
« Nous devons défendre le système commercial multilatéral, avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) comme noyau, et résister à toutes les formes de protectionnisme », a déclaré le président chinois Xi Jinping.
A noter que la Chine est de loin le pays le plus puissant économiquement de ce bloc de 11 pays qui représentent près de la moitié de la population mondiale et 40 % du PIB mondial. Elle a entamé des négociations commerciales avec les États-Unis après que les deux pays se sont livrés à une guerre commerciale, se ripostant mutuellement par des droits de douane.
« Nos pays sont victimes de pratiques commerciales injustifiées et illégales. Le chantage tarifaire devient un outil de conquête de marchés et d’ingérence dans les affaires intérieures » d’un pays, a dénoncé Lula.
En effet, depuis le 6 août 2025, Trump a imposé des droits de douane punitifs supplémentaires de 50 % au Brésil. Son principal argument n’était pas commercial, mais politique. Puisqu’il affirme qu’une « chasse aux sorcières » est menée contre l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, jugé pour « tentative de coup d’État » et dont le verdict est attendu cette semaine.
Trump a également imposé des droits de douane de 50 % sur de nombreux produits en provenance d’Inde, alliée de longue date des États-Unis. Le président américain accuse New Delhi de financer la guerre de la Russie en Ukraine en achetant le pétrole russe. « Le monde a besoin d’approches constructives et collaboratives », a déclaré le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyan Jaishankar, qui représentait le Premier ministre Narendra Modi à ce sommet. « Élever des barrières et compliquer les échanges commerciaux ne servira à rien. Ni lier les mesures commerciales à des questions non commerciales », a-t-il souligné.
Lors de son sommet annuel à Rio de Janeiro en juillet dernier, le groupe BRICS a exprimé de « sérieuses inquiétudes » concernant « l’augmentation des mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales » qui nuisent aux échanges commerciaux. La Maison Blanche a réagi en menaçant d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % à tout pays qui s’alignerait sur les politiques anti-américaines des BRICS et a averti les membres du groupe d’abandonner toute idée de création d’une monnaie alternative au dollar pour leurs transactions commerciales.