Le mois de mai a enregistré 248 mouvements sociaux, marquant ainsi une augmentation d’environ 21 % des manifestations par rapport au mois d’avril qui en comptait 195. Cela fait de mai le mois le plus protestataire depuis le début de l’année. C’est ce qu’indique le Forum tunisien des droits économiques et sociaux ( FTDES).
Les revendications à caractère juridique ont dominé la scène protestataire en mai. La majorité des manifestations portaient des slogans appelant au droit d’accès à la justice, à un procès équitable, à la liberté d’opinion et d’expression, ainsi qu’à une presse libre, indépendante et plurielle. Les avocats, après deux incidents d’intrusion des forces de l’ordre au siège de l’Ordre des avocats accompagnés de violences, ont mené une série de mouvements marqués par une tension et une colère palpable, ponctués de sit-in devant les institutions judiciaires dans différents gouvernorats. Ces actions ont culminé avec une grève générale marquée par une forte présence des avocats avec leur robe d’avocats devant le Tribunal de première instance de Tunis.
En mai, des manifestants ont également envahi les rues pour dénoncer la campagne d’arrestations et de détentions qui a touché des militants, journalistes, blogueurs, avocats, artistes de graffiti et autres citoyens en vertu du décret 54 relatif à la lutte contre les crimes liés aux systèmes d’information et de communication, devenu un outil de peur!
Les revendications économiques et sociales ne sont pas en reste. Les chômeurs ont conservé la deuxième place en termes de mobilisation sociale après les avocats. Et le mois a été marqué par des protestations de travailleurs, d’enseignants, de professeurs et de fonctionnaires. Ces mouvements ont principalement reflété un état de frustration et de mécontentement face à la situation économique, notamment avec des revendications portant sur l’amélioration des conditions de travail et des droits des travailleurs.
Les manifestations ont touché l’ensemble des gouvernorats du pays. Pour le cinquième mois consécutif, le gouvernorat de Gafsa a occupé la première place avec 55 manifestations, suivi par Kairouan et Kébili, chacun ayant enregistré 20 mouvements. Tandis que Tunis a reculé à la quatrième place avec 15 mouvements.
Les avocats ont été les acteurs sociaux les plus actifs en mai avec un total de 75 mouvements. Ils sont suivis en deuxième position par les citoyens qui expriment leur mécontentement face à divers problèmes liés aux services de base, tels que les coupures d’électricité, la hausse des prix, la détérioration des infrastructures et d’autres besoins.
Les mouvements des travailleurs et des fonctionnaires n’ont pas manqué sur la carte des protestations, et des professeurs contractuels ont mené des actions de protestation. En cause : leur dossier reste l’un des plus épineux pour les gouvernements successifs, qui, malgré les promesses et les accords signés, n’ont pas réussi à progresser de manière significative.
Les mouvements liés à la question de la migration en Tunisie se sont poursuivis tout au long du mois de mai. Les manifestants ont rejeté la gestion fluctuante du gouvernement sur ce dossier humanitaire, accusant ce dernier de céder aux exigences de l’Union européenne qui transforme la Tunisie en piège pour les migrants.