Entretien téléphonique Saïed-Pompeo : Enigme et langue de bois

Saïed-Pompeo

Le contenu du récent entretien téléphonique entre Kaïs Saïed  le président de la République et Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain a été dévoilé par un  mystérieux communiqué, un modèle de langue de bois. Explication.

L’entretien entre Saïed-Pompeo s’est traduit par un communiqué laconique, vague et qui cache plus qu’il ne dévoile, que de la présidence de la République nous a appris que le chef de l’Etat, Kaïs Saied, s’est entretenu, ce week-end avec le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo.

Langue de bois

Quelle urgence y avait–il pour que le chef de la diplomatie américaine dérange le chef de l’Etat, un samedi après-midi ? Ce n’est certainement pas le style du dit communiqué, un modèle de langue de bois digne de la Pravda de l’ère soviétique, qui va éclairer notre lanterne sur ce mystérieux entretien téléphonique.

Ainsi, l’on apprend que « les relations bilatérales solides qu’entretient la Tunisie avec les Etats-Unis avant et après l’indépendance de la Tunisie » étaient au menu de cet entretien téléphonique.

Et que Kaïs Saïeda  a souligné « la nécessité d’ouvrir de nouvelles perspectives pour promouvoir davantage ces relations dans le cadre d’une approche nouvelle des relations internationales ». Car,  « plusieurs expériences précédentes n’ont pas conduit à la réalisation de la paix et de la sécurité internationales dans le monde ».

De quelles « expériences précédentes »  parle le Président ? De l’Irak, de la Syrie, du Yémen ou de la Libye ? La liste risque d’être longue ou l’intervention américaine dans ces pays n’avait apporté que la mort et la désolation. En plus, était-il opportun d’évoquer « les dossiers internationaux et régionaux » dans leur complexité  dans un bref entretien téléphonique ?

« Des relations solides »

Enfin, on apprend de la bouche de Mike Pompeo que son entretien avec Kaïs Saïed  était  « productif ». Qu’il avait débattu avec le président tunisien des problèmes auxquels les Etats-Unis et les Nations Unies faisaient face. Et qu’enfin la  relation américano-tunisienne étant  « solide » , les « Etats-Unis étaient prêts à appuyer davantage la Tunisie à tous les niveaux ». Avait affirmé le secrétaire d’Etat dans un tweet partagé par l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, à l’issue de l’entretien.

Dilemme cornélien

Or, tout porte à croire que l’entretien entre Mike Pompeo  et le locataire du palais de Carthage était relatif au projet de résolution américaine portant sur le renouvellement de l’embargo sur les armes imposé à  l’Iran. Sachant que la Tunisie est membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

Par conséquent, il est logique de deviner que Washington cherche l’appui  des membres non-permanents du Conseil de sécurité, dont la Tunisie, pour s’assurer de leur appui à la résolution américaine qui sera inscrite le 11 août en cours à l’ordre du jour.

Reste à savoir si la Tunisie de Kaïs Saïed, en sourcilleux juriste imprégné de  la légalité internationale, allait voter pour une résolution américaine hostile à l’Iran ?

La décision présidentielle est délicate, mais surtout  lourde de conséquences.  Dans les deux cas de figure.

 

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