Démission Elyès Fakhfakh: minorité agissante vs majorité silencieuse

Démission Elyès Fakhfakh
Démission Elyès Fakhfakh: rebelote et le grand perdant et...le bon peuple.

Exit Elyès Fakhfakh et son gouvernement. Je ne sais si on doit pousser un ouf de soulagement ou bien pousser un cri d’indignation ? Indignation à chaque coup politique fourré et Dieu sait combien ils sont devenus répétitifs. Le mot revient sur toutes les lèvres et encore, puisque les coups tordus ne sont pas le propre du champ politique. Tant le citoyen lambda, lui aussi, tient à apporter sa touche personnelle.

Exécrable surtout après avoir vu le vilain Seifeddine Makhlouf refaire son cinéma. Et ce, en tirant cette fois-ci sur sa langue au propre comme au figuré. Le pitre au service du cheikh doit être aux anges: avoir la peau d’Elyès Fakhfakh et se dire que la vie est belle quand elle prend les couleurs de l’intégrisme.

Se rappeler le fameux « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel et se dire que résister est la moindre des choses quand le culot vient à manquer. S’indigner par exemple que la diplomatie tunisienne puisse être malmenée. Parce que les gens qui nous gouvernent voudraient qu’elle soit ainsi, c’est-à-dire alignée.

Quand les islamistes de ce pays veulent s’emparer de l’Etat pour le remodeler selon une vision formatée de la religion. Mais pourquoi faut-il que ce soit les seuls experts qui lisent toujours des statistiques de plus en plus affolantes ?

Les Tunisiens devraient bien le savoir, eux qui rechignent à l’effort et préfèrent la paresse ! Quand malgré la guerre, la production de pétrole reprend dans la Libye voisine, et qu’en Tunisie le phosphate vient à manquer. Quand le système s’effondre et que la situation devient incontrôlable…Que dans un tel contexte, le président turc Erdogan décide de redonner à la basilique Sainte Sophie son statut de mosquée, cela va sûrement donner des ailes à ses supplétifs à Tunis pour aller encore de l’avant. Ainsi que, de la suite, dans les idées pour démolir…scènes de violence à Remada, liberté chèrement acquise, liberté chèrement payée.

Impardonnable, je dirais! Pour un pays comme la Tunisie où « la grande muette » a toujours su rester à l’écart à chaque fois que le pays chauffe. Ce n’est même plus une question d’un raisonnable qui a été largement dépassé.

Le danger vient de l’intérieur, a dit et répété le président de la République. Cela on le savait déjà. Plus important, qu’a-t-on fait pour l’éviter ? Face au pourrissement, combien de fois, a-t-on souhaité ouvertement ou en des termes à peine voilés, une implication de l’armée? Et ce pour mettre fin à la débandade généralisée.

Ceux qui attisent les feux de la zizanie finiront par être les premiers à se brûler, a prévenu M. Saied. Et qu’ a fait le chef de l’Etat lorsqu’il a reçu des figures connues de la discorde et du terrorisme ?

Avertissez M.le président, il y aura toujours un Makhlouf pour vous accuser de comploter contre la révolution ! Il aura suffi qu’un contrebandier meure. Et ce, pour que le sud du pays s’embrase de nouveau.

Toujours dans le même ordre d’idées, l’Association tunisienne de soutien des minorités qui s’indigne. Et ce, contre une décision du maire du Kram d’exiger au mépris de la loi, du non-musulman qui voudrait épouser une Tunisienne, la présentation d’un certificat de conversion à l’islam délivrée par le mufti.

Un Elyès Fakhfakh qui s’en va, un Fethi Layouni qui parade et un président qui n’arrête pas de parler pour nous prévenir d’un « layouhmadou okbah ». Alors que le pire est déjà là et que les Tunisiens nagent dedans depuis dix ans déjà. Etat défié, Etat décomposé.

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Ce genre de malédiction ne peut arriver  que dans ce pays. Alors, quand la coalition d’Al Karama, jamais à court d’idées et d’inventivité liberticides, propose d’ouvrir la voie royale. Notamment pour ceux qui, au nom d’un Dieu qu’ils se sont appropriés, veulent investir l’espace médiatique tunisien. Via une loi qui ouvrira à n’en pas douter des boulevards propices à tous les dépassements et à toutes les instrumentalisations. On n’est pas surpris.

Suicidaire ? Foutaise, on laisse faire, on laisse passer. Et puis, il faut avoir vu Rached Ghannouchi déambuler comme si de rien n’était dans l‘imposante Cité de la culture en compagnie du chef du gouvernement pour baptiser l’auguste lieu du nom de feu Chedly Klibi qui vient de nous quitter et qu’on ne présente plus, pour mesurer le chemin qui reste à parcourir.

On aura beau crier au loup, tant qu’il y aura une minorité pour usurper le pouvoir aussi longtemps qu’elle le voudra.

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