Nous nous sommes tant détestés

la Libye Tunisie
Certains l'aiment chaud, très chaud...

Qui a dit que les relations avec la Libye voisine étaient un long fleuve tranquille ? Comme il y aura un avant et un après coronavirus, on ne peut pas dire que le je t’aime moi non plus mélangé à la sauce tuniso-libyenne n’a pas connu lui aussi son avant et son après.

Avec dans les deux camps, en Tunisie et en Libye, des acteurs qui ont disparu. D’autres qui ont pris le relais : j’ai nommé Kadhafi, Bourguiba, Ben Ali, Béji Caïd Essebsi, et les tout derniers, Kaies Saied, Faiez Sarraj et Khalifa Haftar.

Des cocktails explosifs durablement marqués par la personnalité de Bourguiba et du colonel de Tripoli qui voulait être aussi gros que le boeuf.

Rappelez-vous le célèbre discours du Palmarium de Bourguiba tout juste après la révolution du 1er septembre en Libye et l’arrivée au pouvoir du bouillant colonel, l’Accord mort-né de Djerba, le coup de Gafsa.

A chaque fois, tous ces milliers de pauvres ouvriers tunisiens renvoyés en Tunisie, question de mettre la pression sur Bourguiba et son régime. Et la liste des provocations est longue.

Aujourd’hui, la Libye est déchirée par une guerre fratricide qui semble être sans fin, alors que la Tunisie se trouve obligée de choisir entre une légalité internationale aux contours flous, incarnée par un Faiez Sarraj aux ordres des groupes djihadistes, et un maréchal Kalifa Haftar maître de l’Est du pays, mais dont l’offensive sur la capitale piétine.

Que dans un tel contexte, le ministre de la Défense, Imed Hazgui, en vienne à qualifier les troupes du gouvernement Sarraj de milices, ce que tout le monde sait. Le Président de la République se précipite sur le téléphone pour arrondir les angles en réitérant à Sarraj la position tunisienne qui soutient Tripoli.

Cacophonie ambiante

Cela vous donne une idée de la cacophonie ambiante, en même temps que cela nous éclaire sur l’identité de celui qui a intérêt à ce que Sarraj l’emporte… Et si Hafter finissait par avoir le dessus ?

Qu’entre-temps, violant ouvertement le couvre-feu, le chef de l’Etat s’en aille à Kairouan en escapade montrer qu’il reste à l’écoute des préoccupations du moment, et se justifier en expliquant qu’il est sorti la nuit pour que personne ne le voie, cela s’appelle quoi ?

L’histoire étant un éternel recommencement. Vous avez sans doute vu à la télé ces hordes de Tunisiens, fuyant la Libye, et prenant d’assaut le poste frontalier de Ras-Jedir, avec baluchons, bagages, et peut-être armes.

Des files interminables qui n’augurent rien de bon, alors que dans les salons feutrés de Carthage et de la

Kasbah, on continue à nous dire que la situation sanitaire et sécuritaire dans le pays est sous contrôle…

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