La Tunisie face au changement climatique, que sait-on?

changement climatique

Débattre sur la question de l’urgence climatique à l’échelle nationale et internationale. Tel est le thème évoqué lors d’une conférence de presse, il y a deux jours, sur les enjeux et les modalités de la participation de la Tunisie à la COP25. 

 

La Tunisie face au changement climatique! Avons-nous fait le tour de la question? Probablement pas. Il est important de savoir que la Tunisie est le pays le plus impacté par le changement climatique. 

Entre stress hydrique et pollution, ce sont autant d’indicateurs négatifs qui vont encore compliquer les choses. Tout en induisant ainsi des pertes économiques attendues plus importantes dues à la pénurie d’eau liée au climat. Elles s’estiment entre 6 et 14% du PIB d’ici 2050.

Présent lors de la conférence de presse, Mokhtar Hammami,  ministre des Affaires Locales et de l’Environnement, indiquait qu’il y a urgence à évoquer cette question climatique. Même si la question cela ne se limite pas uniquement aux experts, car tout le monde est concerné. 

Dans ce contexte, il précise: « La biodiversité est menacée, au même titre que le quotidien des citoyens. En 2050, la hausse des températures en Tunisie sera de l’ordre de 1,8 degré par rapport aux années 1990, si cela continue. »

Une menace à l’horizon et à laquelle il va falloir faire face. De ce fait,  la Tunisie doit se mobiliser. Citant l’exemple de l’énergie verte, qui pourra en effet faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce qui est considéré comme une des résolutions sur le long terme. 

Dans ce même contexte, dans le cadre d’une stratégie globale 30/30, la Tunisie compte produire 30% de son énergie à partir des énergies renouvelables à l’horizon 2030. 

D’ailleurs, plusieurs programme seront mis en place, à l’instar du Plan Solaire qui s’étend sur une durée de 11 ans. 

COP25: La Tunisie présentera 17 projets 

En somme, la Tunisie présentera 17 projet tunisiens lors de la COP25. L’objectif est de montrer que la Tunisie a belle et bien respecté ses engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris- COP21- en matière de lutte contre les changements climatiques. 

En revanche, sur la question de l’agriculture, il s’agit d’une autre paire de manche. Ainsi, pour lutter contre les changements climatiques, Samir Bettaïeb, ministre de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, a assuré que la Tunisie a toujours respecté ses engagement en matière de lutte contre les changements climatiques. 

En clair, le domaine agricole n’est pas en reste. Il estime que le pays est en avance en matière de lutte contre les changements climatiques sur ce plan.

A titre d’exemple, la Tunisie a rejoint l’Initiative pour l’adaptation de l’agriculture africaine (AAA) aux changements climatiques. Citons ainsi un exemple concret, celui des 24 000 hectares d’oliviers plantés en Tunisie, notamment dans le Nord. 

L’olivier, selon le ministre, contribue à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. « Sur les 17 projets qui seront présentés lors de la COP25, cinq relèvent du domaine agricole », a-t-il encore précisé. 

Les Nations unies appuient la Tunisie

Rappelons que les Nations unies soutiennent la Tunisie dans la lutte contre le changement climatique. 

Présent lors de la conférence de presse, Diego Zorrilla, Coordinateur Résident du Système des Nations unies, a salué les décisions prises par la Tunisie en vue de lutter contre les changements climatiques.

Il déclare: « Le Système des Nations unies est là pour accompagner la Tunisie dans ses efforts. Nous travaillons, dans cette optique, avec plusieurs acteurs, notamment le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD). D’ailleurs, ce dernier va appuyer la participation de la Tunisie à la COP25. »Tunisie

Selon lui, il est important d’agir. Il ajoute: « Si nous ne faisons rien, la situation va empirer. La hausse des températures peut atteindre les trois degrés d’ici 2100 par rapport au début de l’ère industrielle. » 

Présent également, l’Ambassadeur d’Espagne en Tunisie, Ardizone Garcia Guillermo, insistait sur la dimension sociale de l’adoption des énergies renouvelables. 

En d’autres termes, adopter ces énergies vertes devraient se faire sans aggraver les inégalités sociales. 

De ce fait, il est revenu sur l’engagement de son pays en matière de lutte contre les changements climatiques. Cette lutte est au centre de la politique du gouvernement espagnol.

« En 2018, nous envisageons de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 3,8%, ce qui est supérieur à la moyenne européenne. L’Espagne est le deuxième pays au monde en matière de production énergétique à partir des énergies renouvelables. Nous espérons réduire nos émissions de 90% d’ici 2050, tout en développement les énergies vertes », a-t-il indiqué. 

La Tunisie, un bon élève dans la lutte contre le changement climatique!

 Enfin, Mme. Alissar Chaker, Représentante Résidente Adjointe du PNUD revient sur la participation tunisienne à la COP25. Elle considère qu’elle mettra en avant les efforts tunisiens en matière de lutte contre le changement climatique, mais pas seulement: à travers la COP25, la Tunisie pourra insister sur sa vulnérabilité à la dégradation de l’environnement. 

Dans ce contexte, il est important de tisser des partenariats avec d’autres pays et d’obtenir le soutien nécessaire en vue de lutter contre le changement climatique. 

Il est clair que les défis auxquels la Tunisie fait face en matière de changement climatique, sont loin d’être finis, mais ne faut-il pas pencher pour une stratégie des pouvoirs publics en vue de lutter contre ce fléau. 

A savoir, par quels moyens peut-on obtenir le financement nécessaire? Quel rôle joue les collectivités locales et bien d’autres?Autant de questions sur lesquelles il faut se pencher sérieusement pour trouver des solutions. 

En revanche, ce qui est sûr c’est que la Tunisie apportera une réelle valeur ajoutée pendant la COP25. Mais pour y parvenir, il faut tisser de nouveaux partenariats. Ce qui est primordial. Entre temps, la grande question qui vaut un milliard de dollars est celle de savoir  comment convaincre les plus gros pollueurs de s’impliquer davantage? Une tâche qui s’annonce plutôt difficile! A suivre… 

Rappelons que la Conférence de Madrid de 2019 sur les changements climatiques est une conférence internationale organisée par les Nations unies qui se déroule du 2 au 13 décembre 2019 à Madrid, en Espagne.

 

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