La microfinance fait le plein des ressources

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Alors que les différents établissements de crédits peinent à clôturer leurs émissions obligataires, les entités de microfinance ne trouvent aucune difficulté à le faire.

Les souscriptions à l’emprunt de Taysir Microfinance (5 MTND) et ADVANS (15 MTND) se clôturaient en moins de deux semaines. Un mois était suffisant pour Microcred pour lever 15,5 MTND. Le 10 octobre, ENDA Tamweel lancait une nouvelle dette pour 15 MTND. Elle était intégralement souscrite le 11 octobre! Ces opérations sont réalisées sans Appel Public à l’Epargne. Les comptes des émetteurs ne sont même pas publics.

Qu’est-ce qui poussent alors les investisseurs à avoir plus confiance dans des boîtes noires que dans des banques ou des compagnies de leasing cotées et même notées par des agences de rating?

Dégradation de la qualité d’actifs

Ces institutions de microfinance (IMF) ont prouvé que la liquidité sur le marché existe. Mais leurs détenteurs sont plus que jamais sélectifs face à un large choix entre dette souveraine et corporate.

Le principal indicateur suivi à la loupe par les souscripteurs, qui sont essentiellement des institutionnels, est la qualité d’actifs. Pour les banques, il a flambé. Passant de 300,5 MTND durant le premier semestre 2018 à 420,2 MTND sur la même période une année plus tard.

Même si les chiffres ont été boostés par deux banques (BIAT et BNA), la hausse a concerné la majorité des établissements.

Pour le leasing, le tableau n’est pas très différent. Les créances classées augmentent de 31,4% en rythme annuel à 391,8 MTND.

Les institutionnels observent également le comportement des émetteurs sur un autre marché invisible pour les autres opérateurs : celui des billets de trésorerie. Ces derniers sont censés combler des trous instantanés de financement. Ils sont un indicateur des besoins en cash des établissements de crédits. Les compagnies de leasing, en particulier, sont très actives sur ce compartiment ce qui inquiète les bailleurs de fonds quant à leur solidité financière.

Ainsi, et en application des principes de bonne gestion, les souscripteurs aux émissions obligataires cherchent à réduire leur exposition aux établissements de crédits, aussi bien en termes d’equity que de dettes.

Le business très clean des IMF

Tous ces problèmes ne se posent pas pour les IMF. L’actif qu’elles gèrent est sur une courbe exponentielle. Sur les 18 mois entre janvier 2017 et juin 2019, l’encours a augmenté de plus de 315 MTND. Il s’est établi à 906,6 MTND. Le point fort de ces institutions est la répartition des risques. L’encours moyen par client ne dépasse pas 1 867 TND, ce qui est très faible. Le nombre des clients s’élève à 609 695.

Malgré cette grande base et l’absence d’une gestion de risque ultra sophistiquée, le taux de radiation des IMF n’a pas dépassé 0,34% fin juin 2019. Il est même en baisse puisqu’il était de 1,22% fin 2017. Quant au portefeuille à risque affichant 31 jours et plus de retard, il est seulement à 1,48%.

Pour les investisseurs institutionnels, mettre leurs argents dans les IMF est rentable et, surtout, sûr. En tant que les derniers arrivés sur le marché de la dette (seulement 28,1 MTND d’encours obligataires en attendant l’admission des nouvelles lignes récemment émises), l’exposition au secteur de la microfinance est encore minime. Les emprunts émis seront très sollicités.

De belles années attendent donc ces institutions qui vont jouer un rôle très important dans les années à venir.

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