Pour une véritable Assemblée générale des Nations unies

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La 74ème Assemblée générale des Nations unies (ONU) s’ouvre ce lundi.

Ce rendez-vous annuel de l’agenda international des Nations unies réunit l’essentiel de la diplomatie mondiale. Il a pour mission d’évoquer les grands enjeux du moment et tend progressivement à s’ouvrir à la société civile. Cette tendance traduit le glissement d’un ordre international purement inter-étatique à l’affirmation d’une société mondiale constitutive de la globalisation.

Le Rendez-vous traditionnel des diplomaties étatiques

Les Nations unies offrent depuis 1945 un espace de dialogue et de confrontation entre les puissances. Les chefs d’Etats et de gouvernements – ou au moins les ministres des affaires étrangères – des 193 Etats membres se retrouvent à New York à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU.

Les Nations unies ont offert depuis 1945 un espace de dialogue aux différents pays du monde. La tribune onusienne offre l’occasion pour chaque Etat de présenter sa vision du monde. Mais aussi d’afficher ses priorités en matière de politique étrangère.

Les petits pays, difficilement audibles face aux grandes puissances, apprécient particulièrement cette opportunité. L’évènement est aussi l’occasion privilégiée de renforcer les relations bilatérales et multilatérales des chefs d’Etat et de gouvernement.

Qu’offre les Nations unies à la communauté internationale ?

L’Assemblée générale des Nations unies qui s’est ouverte à New-York s’est imposée comme l’un des principaux rendez-vous annuels de l’agenda diplomatique de la « communauté internationale ».

La tribune onusienne offre l’opportunité pour chaque Etat de décliner sa vision du monde et d’afficher ses priorités diplomatiques. Elle offre aussi l’occasion privilégiée de renforcer les relations bilatérales et multilatérales des chefs d’Etat et de gouvernement. Reste que le modèle de l’organisation inter-étatique classique est questionné dans un contexte de mondialisation. Celui-ci caractérisé par une logique d’interaction et d’interdépendance. Mais aussi rythmé par un temps qui n’est pas celui de la diplomatie et de la négociation intergouvernementale. Plus largement, la portée institutionnelle et médiatique de ctte Assemblée contraste avec une forme de désétatisation de l’ordre international. Ordre dans lequel s’affirment des acteurs extra-étatiques.

Les Nations unies face à la crise américano-iranienne

Cette année, l’Assemblée générale risque d’être essentiellement animée par le dossier iranien. Les rebelles houthistes (minorité chiite du Yémen) ont revendiquée la récente attaque. Toutefois, Washington et Riyad l’imputent à l’Iran. Elle a visé les principales installations pétrolières saoudiennes d’Aramco. Cette attaque a fait monter les prix du baril et la pression diplomatique et militaire dans la région du Moyen-Orient.

Toutefois, les Etats-Unis n’ont pas riposté et l’heure semble à l’apaisement et à la désescalade. « Nous souhaitons une résolution pacifique », a ainsi déclaré le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, en visite dans le Golfe.

Toutefois on est loin d’envisager une rencontre bilatérale, lors de l’assemblée entre Donald Trump et Hassan Rohani. En outre, le président américain a annoncé de renforcer ses sanctions contre l’Iran. En outre le Pentagone s’apprête à envoyer des renforts militaires en Arabie saoudite.

Vers une ouverture aux sociétés civiles ?

Ce rendez-vous de la diplomatie mondiale peut s’avérer utile pour tenter de nouer le dialogue. Par ailleurs l’organisation inter-étatique classique que représente l’ONU doit  s’ouvrir sur les sociétés civiles.

Cœur du multilatéralisme, l’ONU est aussi critiquée pour son déficit démocratique. D’une part son organe décisionnel, le Conseil de sécurité, souffre d’un manque de représentativité. En plus les Nations Unies ne connaît pas d’instance permettant la participation directe des citoyens du monde.

Or, la société internationale stato-centrée n’est plus. L’altération des attributs de la souveraineté et de la puissance de l’État caractérise une globalisation. Celle-ci marquée par l’accélération et l’intensification des flux financiers, économiques et commerciaux. Mais aussi des flux migratoires, d’information (grâce aux innovations en matière de technologie de la communication : internet, réseaux sociaux) la marquent. Et, en parallèle, diffusion des idées, idéologies et valeurs (et confrontation y compris sous la forme de violence politique et/ou criminelle).

Les Nations unies face aux nouvelles technologies

En mettant en relation des acteurs transnationaux sans médiation, les nouvelles technologies bouleversent le cadre classique des relations internationales. On bascule d’un ordre international ordonné par des stratégies fondées sur le rapport d’État à État à un espace mondial animé par des rapports « d’État à individus et d’individus à État » (M.-C. Smouts, 1998).  Ces processus échappent pour une large part au contrôle des États et entraînent l’affirmation d’acteurs non étatiques. Fussent-ils indirectement liés à des puissances étatiques.

C’est pourquoi l’évolution de la gouvernance mondiale suppose une participation active des sociétés civiles. Essentiellement dans la réflexion et la gestion de la mondialisation. La gouvernance mondiale ne peut plus reposer sur le seul principe des relations directes ou indirectes entre Etats souverains.

La manière dont les sociétés civiles s’emparent de l’enjeu du réchauffement climatique et tentent de l’imposer à l’agenda diplomatique mondial est topique. Ainsi, après le succès historique de la mobilisation contre le dérèglement climatique, 20 septembre, un millier de jeunes ont participé, samedi, au premier sommet de la jeunesse pour le climat organisé par les Nations unies. Le mouvement lancé par la jeune Greta Thunberg a rappelé l’urgence climatique et l’existence de solutions concrètes contre le réchauffement.  L’ONU a souhaité faire un geste d’ouverture en offrant une tribune à ces « jeunes champions pour le climat « .

En ouverture du sommet le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a reconnu que « Le problème des dirigeants du monde, c’est qu’ils parlent trop et écoutent trop peu ». N’est-ce pas le moment d’inverser cet ordre ?

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