Pionnière du Maghreb financier, la Tunisie s’ouvre aux cryptomonnaies

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Les pays du Maghreb opposent jusqu’alors une sorte de méfiance dubitative vis à vis des devises cryptographiques et des technologies fondées sur la chaîne de bloc. En 2018, l’Algérie et le Maroc légifèrent d’ailleurs afin d’interdire leur usage sur leur territoire. Moins réticentes, l’Egypte et la Tunisie, l’Afghanistan et l’Ouzbékistan autorisent l’achat de cryptomonnaies et aujourd’hui, la Banque Centrale de Tunis s’ouvre vers la possibilité d’un Dinar numérique.

Les avantages

Apparue sur les pas du Bitcoin en 2008, la chaîne de blocs (ou Blockchain) est une technologie décentralisée et virtuellement infalsifiable, qui fait valider rapidement et sans organe de contrôle, les transactions financières par les mineurs qui forment son large réseau informatique. Face au succès du Bitcoin, nombreuses furent les startups à se jeter dans l’aventure en créant leur propre protocole de chaîne de blocs et leur propre cryptomonnaie.

A l’origine, les banques occidentales cherchaient surtout à accélérer les transactions internationales et à réduire le risque de transactions frauduleuses. La Banque centrale de Tunisie, quant à elle, s’intéresse notamment à l’aspect cash-less (sans cash), qui permet d’ailleurs à certaines nations comme l’Australie, la Suède ou la Norvège d’envisager la disparition éventuelle de l’argent liquide. Le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Marouane El Abassi, y voit notamment un moyen de lutter contre la corruption, le terrorisme, l’économie souterraine et le blanchiment d’argent afin d’aller vers une société plus transparente.

Les devises cryptographiques constituent en outre un moyen de supprimer les trop nombreux intermédiaires du change requis par les monnaies trop peu convertibles du Maghreb. En évitant de passer par le dollar ou l’euro, la Tunisie espère favoriser les transactions internationales et le commerce intramaghrébin, offrant ainsi à son économie de nouvelles opportunités.

Le plan tunisien

C’est à ces fins que M. El Abassi s’est tourné vers la startup locale, DigitUS Tech, dont les solutions basées sur la blockchain visent à introduire les devises numériques vers les pays en développement. La société a notamment développé le système « DigiCash » de règlement numérique pour la Poste Tunisienne, qui permet, entre autres, de recevoir de l’argent et de payer ses factures.

Le codirecteur Walid Driss se trouve donc actuellement chargé de mener un groupe de travail et d’étudier sérieusement les possibilités offertes par la chaîne de blocs et les cryptomonnaies. Parmi elles, l’option existe de supprimer complètement l’argent liquide. Second cofondateur de DigitUS Tech, Hichem Ben Fadhl est optimiste et espère convaincre des milliers d’utilisateurs sur les trois prochaines années.

Quel avenir pour les monnaies numériques ?

Depuis une dizaine d’années, les monnaies cryptographiques sont extrêmement volatiles et ont connu depuis leur apparition, des hauts et des bas qui leur ont souvent valu d’être décrites comme de simples bulles spéculatives, ce qui explique la réticence des Banques centrales.

Pourtant, selon Christine Lagarde, directrice du Fonds Monétaire International, les banques centrales doivent cesser de rejeter les crypto-devises et envisager plutôt de les émettre, afin de mieux contrôler ce phénomène mondial. De fait, une quarantaine de banques centrales ont mis le projet à l’étude et on s’attend à l’apparition de plus en plus fréquente de Central Bank Digital Currencies.

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