ARTE: « La Vie errante » de Maupassant à Tunis, un documentaire à voir!

Guy de Maupassant  est un auteur naturaliste français très populaire par son style novateur dans un genre peu connu alors en France, le récit court.Son oeuvre, inspirée par le mode de vie du peuple moderne de son temps, lui vaut une grande popularité mais paradoxalement il est resté méconnu de l’histoire littéraire française.

Guy-de-Maupassant-portraitEn 1888, il entreprend un voyage en Afrique, malgré sa maladie, qui le changea à jamais. Lassé par la vie Parisienne,  Maupassant attiré par l’exotisme de ces pays, décide de découvrir avec émerveillement les pays lumineux et accueillants du Maghreb. Il fut fasciné par la beauté des paysages et la vie quotidienne des habitants. Ses chroniques seront publiées dans Le Gaulois et La Revue des deux Mondes et seront ensuite réunies dans l’ouvrage « La vie errante » publié en 1890.

La chaîne de télévision franco-allemande ARTE compte rediffuser ce lundi 13 mai son émission “Invitation au voyage” dont une partie sera consacrée à la Tunisie.

La Tunisie dans La Vie Errante de Guy de Maupassant

« Rien que pour voir Sousse, on devrait faire ce long voyage”, ainsi commence le documentaire d’ARTE sur le voyage de Maupassant en Tunisie. Guy de Maupassant a surtout découvert durant son voyage la diversité culturelle en Tunisie où de multiples civilisations se sont croisées depuis 3000 ans. Berbère, arabe, turque et occidentale.

« Durant son voyage, il visita la ville sacrée de Kairouan en passant par Sousse jusqu’aux souks de Tunis la métisse. »

Dans son récit, l’écrivain avait écrit ses impressions en visitant la Capitale  :

« Descendons de notre colline et pénétrons dans la cité. Elle a trois parties bien distinctes : la partie française, la partie arabe et la partie juive.
En vérité, Tunis n’est ni une ville française, ni une ville arabe, c’est une ville juive. C’est un des rares points du monde où le juif semble chez lui comme dans une patrie, où il est le maître presque ostensiblement, où il montre une assurance tranquille, bien qu’un peu tremblante encore.

C’est lui surtout qui est intéressant à voir, à observer dans ce labyrinthe de ruelles étroites où circule, s’agite, pullule la population la plus colorée, bigarrée, drapée, pavoisée, miroitante, soyeuse et décorative, de tout ce rivage oriental. »

Il fut surpris par les habits des Tunisiens qu’il trouva très colorés et très beaux:

« Où sommes-nous ? Sur une terre arabe ou dans la capitale éblouissante d’Arlequin, d’un Arlequin qui s’est amusé à costumer son peuple avec une fantaisie étourdissante. Il a dû passer par Londres, Paris, Saint-Pétersbourg, ce costumier divin qui, revenu plein de dédain des pays du Nord, bariola ses sujets avec un goût sans défaillances et une imagination sans limites. Non seulement il voulut donner à leurs vêtements des formes gracieuses, originales et gaies, mais il employa, pour les nuancer, toutes les teintes créées, composées, rêvées par les plus délicats aquarellistes.

Aux Juifs seuls il toléra les tons violents, mais en leur interdisant les rencontres trop brutales et en réglant l’éclat de leurs costumes avec une hardiesse prudente. Quant aux Maures, ses préférés, tranquilles marchands accroupis dans les souks, jeunes gens alertes ou gros bourgeois allant à pas lents par les petites rues, il s’amusa à les vêtir avec une telle variété de coloris que l’oeil, à les voir, se grise comme une grive avec des raisins. Oh ! pour ceux-là, pour ses bons Orientaux, ses Levantins métis de Turcs et d’Arabes, il a fait une collection de nuances si fines, si douces, si calmées, si tendres, si pâlies, si agonisantes et si harmonieuses, qu’une promenade au milieu d’elles est une longue caresse pour le regard. »

Enfin, son voyage à Tunis était pour lui comme un défilé de mode féerique

« Voici des burnous de cachemire ondoyants comme des flots de clarté, puis des haillons superbes de misère, à côté des djebbas de soie, longues tuniques tombant aux genoux, et de tendres gilets appliqués au corps sous les vestes à petits boutons égrenés le long des bords.
Et ces djebbas, ces vestes, ces gilets, ces haïks croisent, mêlent et superposent les plus fines colorations. Tout cela est rose, azuré, mauve, vert d’eau, bleu pervenche, feuille morte, chair de saumon, orangé, lilas fané, lie de vin, gris ardoise.

C’est un défilé de féerie, depuis les teintes les plus évanouies jusqu’aux accents les plus ardents, ceux-ci noyés dans un tel courant de notes discrètes que rien n’est dur, rien n’est criard, rien n’est violent le long des rues, ces couloirs de lumière, qui tournent sans fin, serrés entre les maisons basses, peintes à la chaux. »

 

 

 

 

 

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