Moez Bouraoui : « Les partis politiques sont loin du comportement démocratique »

La Cour des comptes a publié, mercredi, son rapport relatif aux élections municipales de 2018. Elle épingle plusieurs partis dans le financement de la campagne électorale des municipales. En citant notamment les cas de morts qui font des dons au mouvement Ennahdha. Que peut-on en déduire ?

Moez Bouraoui, activiste politique et ancien président de l’ATIDE a salué l’énorme travail de la Cour des comptes. Il précise qu’avec tout ce qui a été évoqué, la preuve est faite « que les partis politiques sont très loin d’un comportement démocratique ».

Évoquant l’histoire d’Ennahdha, M. Bouraoui se demande comment il peut être financé par des morts ? « C’est l’apothéose », répond-t-il.   

Il souligne : « Il s’agit effectivement d’un remake de l’époque Ben Ali ayant induit le même résultat. Et ce dans le but d’avoir plus de voix et avoir plus de chance de gagner les élections. Cela dit, mon pressentiment est qu’il n’y aura pas de suite. Tout comme je doute fort de l’intégrité des élections car la menace est réelle. »

Qui décide de la sanction ?

Selon M. Bouraoui, si on suit la logique, c’est le tribunal administratif qui devra s’en charger. Mais la grande question est de savoir qui va saisir le tribunal administratif et quelles sont les prérogatives de la Cour des comptes ?

M. Bouraoui revient sur le rapport de  la Cour des comptes de 2014 dans lequel elle précise que ses prérogatives sont limitées. Il indique qu’indépendamment de la loi électorale, c’est à l’ISIE de sanctionner. « Pour la simple raison que l’instance est la seule institution à garantir l’intégrité des élections et à protéger le processus électoral dans sa forme démocratique », poursuit-il.

Une réelle crainte des prochaines élections législatives ?

Il a répondu : « A partir du moment où il n’y a pas de sanction, la démocratie électorale n’est plus protégée. »

M. Bouraoui conclut : « On ignore à l’heure actuelle l’évolution du paysage électoral de 2019. Mais en l’absence d’une réaction des pouvoirs exécutif, judiciaire ou encore des instances indépendantes, il ne faut pas non plus espérer un processus démocratique stable ou encore des élections démocratiques ».

 

 

 

 

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