Kais Sellami : nos gisements de compétences se vident

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INFOTICA, la Chambre nationale des Sociétés de Services et d’Ingénierie Informatique (SSII), affiliée à l’Utica, a organisé aujourd’hui en coopération avec le Club DSI Tunisie une journée d’information et de débat sur le thème : « La migration des compétences à l’ère du digital – Ampleur et pistes de solutions ».

A cette occasion, Kais Sellami, Président de la Fédération nationale du numérique, s’est s’interrogé sur les raisons qui poussent les compétences tunisiennes à quitter le pays, ajoutant qu’il n’est pas certains qu’elles pourront être facilement remplacées.

Créer plus de compétences

Pour lui, les causes sont multiples et nos gisements de compétences se vident. Ceci risque d’handicaper le développement digital du pays. « Il faut trouver des solutions à cette problématique et la responsabilité est partagée », a-t-il recommandé.

Et d’ajouter qu’il est nécessaire de créer plus de compétences, d’avoir plus de diplômés et de convertir les diplômés du supérieur vers les NTIC. Et l’Etat doit adopter une politique de ressources humaines qui valorise ses compétences.

Autant d’opportunités perdues

Selon les résultats d’une enquête-étude présentés à cette occasion, sur la base de 45 000 à 100 000 compétences TIC à l’étranger, le chiffre d’affaires additionnel que le secteur aurait pu réaliser varie entre 5 et 12 milliards de dinars. Le manque à gagner en terme de chiffre d’affaires additionnel à l’export varie entre 2 et 4,5 milliards de dinars, soit autant de réserves en plus. Ce chiffre équivaut à 11 à 27 jours d’importations. A cela s’ajoute les emplois indirects créés ainsi que les activités de support.

A l’ouverture des travaux de cette journée, Anouar Maarouf Ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique a affirmé que la problématique de la fuite des compétences, objet de cette journée revêt une grande importance pour le pays en général et pour les opérateurs économiques du secteur en particulier. Les questions qui se posent sont nombreuses, car le sujet est un sujet à controverse.

Ne pas se limiter à exporter des compétences

Pourquoi ne pas créer les conditions favorables au maintien des compétences en Tunisie s’est interrogé le ministre. Aussi bien le gouvernement que les entreprises du secteur ont une part de responsabilité au phénomène. « Il faut que nous arrivons à vendre et exporter de la valeur ajoutée et non pas se limiter à exporter des compétences dont la formation coûte chère au pays », a tenu à souligner le ministre.

M. Maarouf a ajouté que le phénomène de la fuite des cerveaux est mondial et n’est pas propre à la Tunisie. Elle s’explique par l’écart des salaires, la maturité digitale du pays et l’environnement économique et socioprofessionnel.

Fuite des compétences : le phénomène est alarmant

Imed Elabed Président de INFOTICA a affirmé qu’il est impératif de trouver des solutions adéquates à la fuite des compétences. Le coût de la formation d’un ingénieur est très élevé aussi bien pour l’Etat que pour l’entreprise qui l’a employé. Les autres pays offrent des attractions sociales et pécuniaires qui font que nos ingénieurs quittent le pays par milliers.  Ainsi un manque à gagner énorme est supporté aussi bien par l’entreprise que par le pays. La responsabilité est partagée et nous devons nous remettre en cause pour trouver les solutions. Nos compétences doivent croire en l’avenir du pays a ajouté M. Imed Elabed.

Hatem Trigui, Président Club DSI Tunisie a souligné que la problématique soulevée par la fuite des compétences est générale. De ce fait, le phénomène est alarmant, vu que la Tunisie est classée deuxième pays arabe à la subir.

En co-organisant cette journée INFOTICA et Club DSI se sont engagés à agir en partenariat pour l’intérêt du pays et à proposer des solutions.

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