Maîtriser le gaspillage pour assurer la sécurité alimentaire et réduire la faim

Gaspillage alimentaire L'Economiste Maghrebin

La réduction du gaspillage alimentaire est une des pistes sérieuses pour assurer la sécurité alimentaire. Mais aussi pour réduire la faim, à travers une meilleure allocation des ressources naturelles. A cet égard, la FAO et l’INC, en collaboration avec la Food Bank, multiplient leurs efforts. Ils apportent leur contribution aux efforts mondiaux de sensibilisation et de mise en œuvre de plans d’actions. 

D’ailleurs, selon les chiffres publiés par la FAO sur les pertes et le gaspillage alimentaire à l’échelle mondiale, environ 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires par an sont concernées. Ce qui correspond à un tiers des aliments produits pour la consommation humaine. En économisant ce tiers, on pourrait nourrir 821 millions de personnes souffrant de la faim. Soit nourir environ une personne sur neuf dans le monde, selon la FAO.

Au niveau de l’Afrique du Nord, les quantités moyennes de pertes par personne et par an s’élèvent à 215kg. La FAO, l’INC et le ministère tunisien de l’Agriculture ont réalisé des études récentes dans le cadre du projet « Réduction des pertes et gaspillage alimentaire et développement des chaines de valeur pour la sécurité alimentaire en Egypte et en Tunisie ». Elles font ressortir que:

  • Les Tunisiens jettent plus de 113 mille tonnes de pain chaque année, soit 42 kg/ménage/an.
  • Le 1/3 des plats préparés est jeté durant le mois de Ramadan.
  • Le gaspillage alimentaire coûte aux ménages tunisiens 5% de leurs dépenses alimentaires.
  • 68% des déchets ménagers en Tunisie sont organiques et le pays ne recycle que 5% seulement.
  • 67% des restaurants universitaires jettent les restes des plats.
  • 93% des étudiants gaspillent du pain et 70% déclarent prendre plus que leurs besoins.

Le gaspillage alimentaire dans le secteur de la céréaliculture

En amont des filières, la même source démontre que les pertes estimées à Bizerte et Siliana pour les céréales et à Bizerte et Mahdia pour le lait sont considérables.

  • Les taux moyens de pertes au niveau des exploitations céréalières varient de 4,6% pour le gouvernorat de Bizerte à 7,3% pour le gouvernorat de Siliana. A la collecte, elles sont de 0,38% et 0,24% respectivement.
  • Le taux de pertes de lait à la ferme est de 1,96% au gouvernorat de Bizerte et 0,73% à Mahdia. Au transport, les pertes équivalent à 34 litres par transporteurs par jour à Mahdia et 18 litres à Bizerte. Aux centres de collecte, les taux varient de 2,28% à 1,81% respectivement. A la transformation, ils sont en moyenne de 3,5% pour les deux gouvernorats.
  • Le manque à gagner par céréaliculteur serait en moyenne de 832,193 DT à Bizerte et 577,803 DT à Siliana. P, Par éleveur il est estimé à 729 DT à Bizerte et 1220 DT à Mahdia.

Il en est ainsi de ces chiffres, alors que la Tunisie importe plus de 80% de ses besoins en blé tendre pour le pain. Et que le pays fait face à une dépréciation continue du dinar tunisien face aux monnaies étrangères et à une situation de déficit public important. De plus, la Tunisie souffre du manque de pluviométrie qui affecte sensiblement la production agricole. Elle possède un niveau de pauvreté qui atteint plus de 15%, soit près de deux millions de personnes en pauvreté ou pauvreté extrême.

Gaspillage alimentaire et sous-alimentation

D’autre part, la Tunisie enregistre un score de 5,5 sur 100 sur l’Indice Global de la faim, la classant 18ème à l’échelle mondiale (IFPRI, 2016). Et la part des personnes sous alimentées passe de 1% de la population en 1992 à 0,4% en 2016, selon le même rapport. Quant à la proportion des enfants de moins de 5 ans en état de sous-alimentation aiguë, elle représente 2,8% en 2016 contre 5,3% en 1992.

Enfin, la Tunisie présente de plus en plus de personnes souffrant de maladies liées à l’alimentation. En effet, 50% de la population serait en surpoids, soit : 37% de femmes et 13% d’hommes obèses. Et 30% de la population souffrirait d’hypertension artérielle, 12% de diabète et de maladies cardiovasculaires. Ces dernières sont la première cause des décès, selon l’OMS.

 

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