Messaoud Romdhani : le mouvement Gilets jaunes pourrait atteindre la Tunisie

gilets jaunes - l'économiste maghrébin

Le président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), Messaoud Romdhani, a estimé que le mouvement des gilets jaunes peut avoir des répercussions sur d’autres pays, notamment la Tunisie.

En effet, le mouvement français des Gilets jaunes est spontané et compte plus de 300.000 manifestants. Ses partisans se sont mobilisés contre la hausse des taxes sur les carburants. Le mouvement Gilets Jaunes a marqué son territoire dans la quasi-totalité des villes françaises.

Ainsi, dans une déclaration accordée à leconomistemaghrebin.com, Messaoud Romdhani a précisé que les mouvements sociaux au 20ème siècle n’ont pas attendu l’encadrement des partis politiques et/ou celui des syndicats pour se déclencher. Pour illustrer ses propos, il a cité la révolte du rif au Maroc en 2017.

Gilets jaunes , encore un mouvement qui n’a pas besoin d’encadrement politique ou syndicaliste

En conséquence, selon lui, le peuple révolté n’attend pas d’être guidé par les politiciens ou par les syndicats. Il estime donc que le recours à l’austérité incite les citoyens à se révolter d’une manière spontanée. Il a indiqué que le peuple tunisien a toujours pris le dessus sur les syndicats et les politiciens.

De plus, Messaoud Romdhani a rappelé que l’insurrection du bassin minier (2008), les émeutes du pain (1983-1984), la révolution du 17 décembre/14 janvier 2011, le sit-in à Kamour sont autant de mouvements citoyens spontanés. Cependant, il constate que les syndicats et les partis politiques interviennent après, soit pour encadrer soit pour récupérer la révolte. Par ailleurs, le président du FTDES a fait savoir que l’implication des syndicats et des partis politiques demeure importante. Car, elle permet de garder le caractère pacifique des mouvements.

Par ailleurs, la Tunisie a besoin d’une classe politique au pouvoir qui anticipe les mouvements sociaux et agisse. Il a rappelé que le président Bourguiba, face à la pression populaire lors des émeutes du pain, s’est trouvé dans l’obligation de revoir à la baisse le prix du pain. Et de rappeler qu’actuellement, en Tunisie, il n’existe pas de force politique dans l’opposition ou au pouvoir capable de prévoir les mouvements sociaux.

 

 

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