Pensions de retraite : un véritable ratage

pensions de retraite - l'économiste maghrébin

Le non versement à temps des augmentations des pensions de retraite en dit long sur la machine de l’Etat qui s’est grippée. La situation décrit encore une fois l’état général dans lequel se trouve le pays. On a beau tourner le problème dans tous les sens, on ne peut croire à autre chose qu’à un acte d’amateurs. Fait, le moins qu’on puisse dire, d’impréparation et d’imprévision !     

Mohamed G. n’est pas le seul à se retrouver, le lundi 20 août 2018, au guichet d’une agence bancaire du côté de la Rue Hédi Nouira, à Tunis, à quelques encablures du siège de la BCT.

Et toujours, c’est du circulez il n’y a rien à voir! Pas un millime dans son compte provenant de cette première tranche des arriérés d’augmentations des pensions de retraite pourtant promise par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avant l’Aïd Al Idha.

L’affaire a occupé une bonne partie de l’opinion et des médias en Tunisie. Ouvrant largement le débat sur les difficultés du pays et sur le respect de la parole donnée.

On se souvient que Youssef Chahed avait promis, le 8 août 2018, dans une déclaration à Al Watanya 1, que « les retraités recevraient une partie des augmentations de leurs pensions avant la fête de l’Aïd ».

La déception était donc normalement au rendez-vous en ce lundi 20 août 2018. Des retraités sont allés s’informer auprès des caisses de retraite et des agences bancaires.

Une déception qui appelle une analyse de la situation née du retard dans le versement des sommes dues.

L’administration se doit d’être efficace

Et quelles que soient les explications du gouvernement diffusées par voie de communiqués, nous sommes, le moins qu’on puise dire, en présence d’un véritable ratage. Les faits sont là, têtus : l’argent n’est pas parvenu à temps dans la poche des retraités.

Personne ne peut penser un instant que Youssef Chahed ait voulu mentir aux retraités ou fait preuve de négligence au niveau de cette affaire. Tout porte à croire, par contre, qu’il pourrait s’agir d’une erreur d’appréciation grave.

Selon des sources proches du dossier, la question serait pour ainsi dire d’ordre procédural. Le versement serait en rapport avec des délais. Délais qui seraient eux-mêmes en relation avec la publication au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) de l’ordre de versement des montants dus aux intéressés.

Selon une autre version, certaines banques seraient responsables du retard de versement des augmentations des pensions de retraite.

En fait, une  histoire de spécialistes qui aurait comporté une erreur ou un manquement aux démarches et aux procédures; mais que la logique de fonctionnement de l’appareil de l’Etat ne peut admettre. Les banques ne sont-elles pas, quelque part, sous une certaine « tutelle » du ministère des Finances et de la BCT.

L’administration se doit d’assurer, dans le cas d’espèce, afin que les choses se fassent. Un oubli, une négligence, voir un laisser-aller ne peuvent que lui être reproché.

Revendiquer les augmentations des pensions de retraite

Et c’est sans doute là le fond du problème. Le citoyen se moque à la limite du pourquoi ou du comment des choses. Des fonctionnaires ne sont-ils pas payés pour que la machine tourne? Le retraité attend que son dû lui soit versé. Le chef du gouvernement a d’autant plus été clair à ce sujet dans sa déclaration du 8 août 2018: les intéressés ont le droit de revendiquer leurs augmentations.

Il y aurait peut être plus grave : la crédibilité des leaders politiques du pays et notamment ceux qui peuvent se prévaloir d’une stature nationale.

D’aucuns peuvent se demander si leurs promesses seraient en prise avec le réel. S’ils sont capables de réaliser ce qu’ils entendent faire.

Mais c’est sans doute oublier l’état général dans lequel se trouve le pays depuis le 14 janvier 2011. Les responsables pourront dire ce qu’ils veulent, le retard dans le versement lève le voile sur une réalité: la machine s’est grippée et n’assure pas les mêmes services qu’auparavant.

On a beau tourner le problème dans tous les sens, on ne peut croire à autre chose qu’à un acte d’amateurs. Fait, le moins qu’on puisse dire, d’une impression d’impréparation et d’imprévision !

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