Economie tunisienne : besoin d’un Gerhard Schröder !

L’ économie tunisienne est souffrante, d’une longue maladie diront certains. Chaque jour, nous sommes confrontés à des nouvelles de plus en plus alarmantes sur la situation économique du pays. 

La Tunisie est malade du manque de vision de ses politiciens qui n’ont pas su créer une nouvelle dynamique économique après les événements du 14 janvier 2011! Pourtant, la « révolution du jasmin » a donné beaucoup d’espoir aux Tunisiens et a été célébrée à travers le monde, comme une exception dans le monde arabo-musulman.

7 ans après, l’image de la Tunisie en tant que « jeune démocratie d’une vieille civilisation de 3000 ans » ne se vend plus. Dans son rapport publié le 26 février 2018, Fitch Group a même classé la Tunisie, en termes de risque économique, dans le lot des pays arabes ravagés par la guerre, comme la Syrie et le Yémen.

En 2018, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimé à 3%. Ce taux, certes en progression s’il venait à être réalisé, demeure insuffisant pour contenir un chômage massif (15,5% en 2017), notamment parmi la jeunesse diplômée de l’enseignement supérieur. Triste ironie d’une révolution qui a été précisément menée par cette catégorie sociale.

Le plus préoccupant c’est l’état des finances publiques! L’Etat tunisien ne dispose guère de marges de manœuvre. Ce qui inquiète les observateurs ce n’est pas tant le niveau du déficit public que sa structure (l’endettement atteint 70% du PIB en 2017). La moitié des dépenses de l’Etat tunisien sert à payer les salaires des fonctionnaires au détriment des investissements. Ce déficit tout comme celui de la balance des transactions courantes engendrent de fortes pressions sur le dinar qui a atteint le niveau de 3dt pour un euro.

Le taux d’inflation dépasse déjà la barre fatidique des 7% début 2018, par suite de la dépréciation du dinar, du relèvement des taux de la TVA et de la hausse des prix de plusieurs produits, dont les combustibles.

L’économie est malade! Il est temps de se pencher sur les remèdes.

Economie tunisienne : à la recherche d’alternatives

Le modèle de développement économique suivi jusque-là par la Tunisie s’est essoufflé. Aujourd’hui, il bloque la relance économique du pays. La Tunisie doit passer d’une économie statique qui est minée par la corruption à une économie dynamique et innovatrice favorisant la création de valeur et la concurrence.

Pour y arriver, l’ancien modèle économique doit être revu et accompagné de réformes dans l’enseignement, dans les caisses sociales, un meilleur ciblage de la compensation et l’amélioration du fonctionnement des entreprises publiques

L’accent doit être mis aussi sur l’indépendance de la justice, la digitalisation de l’administration tunisienne et le développement du transport multimodal pour encourager les investisseurs étrangers à s’implanter en Tunisie.

Tant que la croissance annuelle de la Tunisie demeure autour de 2,7%, le problème du chômage ne pourra pas être résolu.

Enfin, la Tunisie a besoin de réformes à long terme et en profondeur, un plan économique et surtout une vision d’avenir.  Mais les Tunisiens sont pressés et les politiciens ne pensent qu’à l’échéance électorale de 2019.

Aucun gouvernement ne veut risquer de compromettre ses chances pour 2019 en mettant en place un agenda de réformes. Pourtant, actuellement la Tunisie a besoin d’un Gerhard Schröder!

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