OCDE : de nouvelles réformes s’imposent pour relancer l’économie tunisienne

croissance Tunisie

La première étude économique sur la Tunisie élaborée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et présentée aujourd’hui à Tunis par Alvaro Pereira, l’économiste en chef de l’OCDE, table sur une croissance approchant 3% en 2018 et 3,5% en 2019. Cette expansion sera liée par l’investissement des entreprises, qui devrait bénéficier de la simplification des procédures prévue par la nouvelle loi sur l’investissement et par le rebond des exportations, qui seront dynamisées par la reprise sur les marchés européens.

« La Tunisie a connu de fortes avancées économiques et sociales au cours des dernières décennies et, plus récemment, une transition démocratique réussie. Le processus de convergence s’est néanmoins ralenti, du fait de la faiblesse de l’investissement depuis le début les années 2000, alors que les inégalités régionales et sur le marché du travail ont persisté», a déclaré M. Pereira.

Et de préciser que depuis 2011, les ratios de dette externe et publique au PIB ont fortement augmenté. Pour les remettre sur une trajectoire soutenable sans freiner la croissance, l’économiste en chef a indiqué qu’il faut inscrire l’assainissement des finances publiques sur un horizon de moyen terme et l’accompagner de réformes structurelles qui relancent l’activité et les créations d’emploi dans le secteur privé. Il faut, aussi, réorienter les dépenses publiques au profit des populations défavorisées et de la croissance inclusive.

Toutefois, pour relancer l’investissement des entreprises, il a estimé qu’il faut réduire les contraintes réglementaires et administratives, notamment les nombreuses licences, autorisations d’exercice et autorisations administratives, les contraintes en matière de fixation des prix et les restrictions à la concurrence dans certains secteurs. L’élan de réformes, engagé avec la nouvelle loi sur l’investissement devra, selon ses dires, être poursuivi.

Renforcer la compétitivité de la Tunisie dans les chaines de valeurs mondiales par des mesures de facilitation des échanges et une plus grande efficacité des services logistiques est aussi essentiel. Favoriser la participation des femmes sur le marché du travail, adapter les formations aux besoins des employeurs et alléger les cotisations sociales pesant sur le travail salarié, permettront la création d’emplois de qualité.

Alvaro Pereira a déclaré qu’une nouvelle politique de développement régional, valorisant les atouts spécifiques de chaque région autour du développement de pôles urbains est aussi nécessaire.

Principales recommandations de l’OCDE

Sur le plan macroéconomique, le responsable a préconisé de réduire graduellement l’emploi dans l’administration en maintenant la règle de remplacement partiel des départs à la retraite, d’augmenter de façon progressive l’âge de départ à la retraite et engager des réformes pour garantir la pérennité financière des régimes de retraite.

Il a également préconisé de rétablir la justice fiscale, en facilitant le recoupement des informations et en augmentant les contrôles fiscaux, pour mieux lutter contre l’évasion et la fraude fiscales.

En outre, il demeure nécessaire, selon ses propos, de faire des études approfondies de l’utilité des programmes publics, y compris des projets d’infrastructures, pour prioriser la dépense publique et d’accompagner l’ajustement budgétaire par des réformes structurelles, afin d’inscrire le ratio de la dette publique au PIB sur une trajectoire de baisse sur le moyen terme.

En matière de relance d’investissement, l’économiste en chef a recommandé d’accélérer le processus de réduction des autorisations d’exercice et administratives, simplifier les procédures administratives et douanières lors du passage des biens à la frontière et améliorer la gestion des infrastructures portuaires.

Il a, en effet, recommandé de renforcer la gouvernance des entreprises publiques et d’autoriser les banques à tarifier les risques, en reconsidérant le plafonnement des taux d’intérêt débiteurs.

Pour rendre la croissance plus inclusive, M. Pereira a évoqué la nécessité d’assurer l’adéquation entre les besoins des entreprises et les systèmes d’éducation, d’apprentissage et de formation, de diversifier les sources de financement de la sécurité sociale et de favoriser le recrutement des femmes par des campagnes de sensibilisation sur les conséquences des choix éducatifs et de la formation sur les possibilités d’emploi et d’entrepreneuriat.

Au final, il a souligné l’importance d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie d’inclusion financière et de moderniser les structures et institutions pour mieux exploiter les opportunités d’investissement et accompagner les investisseurs dans les régions.

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