Trump, recordman de vulgarité

Donald Trump

On peut se demander pourquoi 54 pays africains prennent-ils la peine de se réunir et de discuter de la dernière agression verbale contre Haïti et des nations africaines que le président américain, dans un de ses accès d’hystérie xénophobe, a qualifiés de « pays de merde. »

Au lieu de perdre leur temps à discuter d’un tel propos merdique et de demander des excuses à ce président trop atypique et trop particulier, les pays africains auraient pu, par exemple, répondre par le commentaire qui s’impose dans de pareilles circonstances: quand ça vient de si bas, ça n’atteint pas si haut.

Ce président trop particulier et trop atypique a atteint, en matière de bassesse, de vulgarité, de grossièreté, de trivialité et de petitesse, des records qu’aucun de ses prédécesseurs n’a atteints et que, sans doute, aucun de ses successeurs n’atteindra. Son arrivée à la Maison-Blanche est un accident politique qui entache et continuera pendant les trois prochaines années (sauf impeachment) à entacher la réputation de l’Amérique et de la salir par ses propos orduriers et ses attaques gratuites contre des pays et des peuples dont le seul tort est d’être pauvres et d’appartenir à une autre culture.

On peut être un citoyen haïtien ou africain pauvre et, dans le même temps, forcer le respect par sa dignité, son honnêteté et sa grandeur morale. Tout comme on peut être l’homme le plus puissant d’Amérique et du monde, posséder une fortune qui se chiffre en milliards de dollars et, dans le même temps, inspirer le mépris par son comportement indigne et ses attitudes basses et immorales. Alors, quand celui-ci traite celui-là de «merde», il se met dans la situation du type qui oriente son crachat vers le ciel: elle lui retombe inéluctablement sur la figure.

Voilà un an que Donald Trump est à la Maison-Blanche. Depuis qu’il a pris ses fonctions à la tête de l’Exécutif américain, il n’a pas arrêté d’insulter, d’injurier, d’invectiver et de menacer sans raison aucune des pays et des peuples en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Au lieu de se pencher sur l’étude des dossiers complexes et des sujets brûlants que la première puissance du monde est tenue de résoudre et d’y apporter les réponses appropriées, Trump passe son temps à tweeter des insultes et des menaces et pas seulement contre l’Iran et la Corée du nord.

Alors qu’il était en campagne électorale, son médecin, Harlold Bornstein, était enthousiaste sur «la bonne santé» du futur président américain. Si enthousiaste qu’il n’a pas hésité à écrire: «S’il est élu, je peux affirmer sans équivoque que M. Trump sera l’individu en meilleure santé jamais élu à la présidence.» Peut-être a-t-il une meilleure santé physique, à supposer que le docteur Bornstein soit en possession des dossiers médicaux des 44 présidents qui avaient précédé son client.

Mais le problème n’est pas la santé physique de Trump, il se porte visiblement très bien. Le problème c’est sa santé mentale. A notre connaissance, aucun de ses prédécesseurs n’a été sommé de se faire examiner psychiatriquement comme l’exigent aujourd’hui beaucoup d’Américains. Dans une pétition qui circule sur internet pour exiger l’examen psychiatrique de l’actuel locataire de la Maison-Blanche, on lit notamment: «Donald Trump est dangereux pour notre pays. Son impulsivité et l’absence de contrôle de ses propres émotions sont inquiétantes. C’est un devoir patriotique que de soulever le problème de la stabilité mentale du commandant-en-chef et leader du monde libre.» (https://www.change.org/p/diagnosetrump)

Selon les critères établis par l’association américaine de psychiatrie dans son manuel clinique DSM (Diagnostic and Statistical Manual of mental disorders), la personnalité narcissique se distingue par un sens exacerbé de sa propre grandiosité, une exagération de ses réalisations, des fantasmes de succès illimité, un besoin incontrôlé d’être admiré, une propension à exploiter les autres et une incapacité à s’identifier aux besoins des autres. L’exact portrait de Donald Trump, n’est-ce pas?

Reste à résoudre l’énigme comment le peuple américain a-t-il élu à la fonction suprême un homme qui, lors de la campagne électorale, a pu se permettre des divagations du genre: «La seule différence entre moi et les autres candidats, c’est que je suis plus honnête. Et mes femmes sont plus belles», ou encore «Mes doigts sont longs et beaux. Tout comme, et cela a été bien documenté, certaines autres parties de mon anatomie»…

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