Cachez-moi ce passé que je ne saurais évoquer !

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L’appel du sang serait-il dans les gènes des seuls Arabes ? Non bien sûr, même si à certains épisodes de leur longue, riche et non moins tumultueuse histoire, la palme d’or leur est souvent revenue. En tout cas, le crime politique semble avoir définitivement pris ses quartiers dans un Moyen-Orient pris dans l’étau de la violence la plus inouïe, et comme poursuivi par le châtiment divin.

Résultat : les Arabes et dans leur sillage les Musulmans, n’ont jamais été aussi à la traîne, aussi humiliés, même si leurs coreligionnaires d’Asie restent une exception qui confirme la règle. Un Monde arabe pourtant berceau des trois religions monothéistes et où la tolérance et l’acceptation d’autrui n’auraient jamais dû être de vains mots.

Nonobstant cette partie de la planète qui semble être maudite, donnez-moi un seul exemple d’endroit où les massacres à grande échelle et les déplacements tragiques de populations font rage. Vous n’en trouverez aucun. Et encore une fois, l’histoire est toujours là pour nous éclairer : qui mieux que ce sauvage assassinat du président yéménite Ali Abdallah Saleh pour nous en donner la preuve par mille. Etat des lieux accablant et cruelle destinée.

Et ce n’est pas pour rien que la secte des Hachachine (Assassins) partie du Mont Alamout quelque part entre la Syrie et l’Iran a fait des émules ; luxe macabre, la secte est même devenue une marque de fabrique qui s’exporte, et qui a même fini par donner son nom à cette funeste pratique qu’est devenu le meurtre politique.

Une calamité arabe, diront ceux qui ont exploré l’histoire mouvementée d’une nation en proie à ses démons et sans cesse écartelée entre nationalisme, panarabisme, islamisme, salafisme, conservatisme, laïcisme et modernité ; cocktail explosif qui a montré au fil du temps combien il pouvait être destructeur.

Lourd héritage dont on ne veut guère parler. Points noirs d’un passé qui n’a pas toujours été éclatant. Les tenants de l’orthodoxie pure et dure vous diront que cela n’a jamais existé. Et ce n’est pas pour rien, que le Monde Arabe est aujourd’hui l’unique endroit de la planète où les gens s’entre-tuent en invoquant le même Dieu. Comme s’il était écrit que les Arabes ne sortiront jamais de leur décadence et que la formule très réductrice de  ouribat khouribat  traduite lapidairement par « qui dit arabe, dit chaos » leur restera collée à la peau jusqu’à la fin des temps, vu que cela fait des siècles que ça dure.

Avec le Yémen, on est bien dans cet esprit de vendetta dont les Arabes ont du mal à se départir. Œil pour œil, dent pour dent. Les bien-pensants resteront volontiers dans cette image d’Epinal, idyllique, parce que cela leur donne bonne conscience. Cela n’empêchera pas les alliances de se faire et de se défaire avec leur lot d’assassinats et de guerres comme c’est le cas dans ce Yémen qui s’appelait autrefois Arabie heureuse. Comme c’est aussi le cas en Libye, en Syrie ou en Irak.

La théorie du complot, les Arabes ne la connaissent que trop bien pour la brandir à tout bout de champ. Faire porter la responsabilité des malheurs qui les accablent depuis des siècles aux autres, dans une tentative pitoyable de se dédouaner, est propre aux Arabes. Heureusement que la fourberie, voire la barbarie comme cela s’est vu quand Daech a pointé son nez, ne sont pas une exclusivité arabe, loin s’en faut.

Mais que pouvez-vous faire, quand à chaque fois, vous êtes pris la main dans le sac ? Cela dit, et n’étant pas à une calamité près, voilà que le fantasque Donald Trump vient nous dire le plus sérieusement du monde et sur un ton presque messianique que Jérusalem est bien la capitale d’Israël. Pour le président américain, il était temps que l’ambassade US y installe enfin ses quartiers. Mais pourquoi donc toute cette stupeur et toute cette colère côté arabe et musulman, alors qu’on voyait venir une telle décision ?

Je comprends que les masses arabes et musulmanes puissent crier au hold-up et décident de prendre d’assaut les rues en brûlant des effigies et des drapeaux et en se faisant menaçantes. Pure perte. Pas assez en tout cas pour changer la donne ; la pression finira bien par retomber, comme d’habitude. Comme quoi, on n’est jamais aussi bien trahis que par les siens, le reste étant de la littérature pour ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face.

Que dans ce contexte de démission arabe et islamique généralisés le président de la République s’avise de convoquer à Carthage l’ambassadeur américain Daniel Rubinstein, cela ne fait que rajouter à un décor déjà piteux. Le diplomate s’est entendu dire que la Tunisie proteste, condamne et rappelle la légalité internationale. La belle affaire. N’aurait-il pas mieux valu que l’on s’occupe de tous ces imams enragés et en mal de juifs à abattre, qui sont descendus dans la rue pour en appeler au meurtre en jouant sur l’amalgame avec en guise de renfort, des Sourates sorties de leur contexte initial et instrumentalisées à souhait ?

Voilà le vrai danger qui guette ce pays. Un ambassadeur américain à Carthage, cela me rappelle étrangement un autre ambassadeur US chez Bourguiba cette fois-ci, mais pour d’autres raisons ; on a bien vu le résultat. Et pour le savoir, il n’y a pas  mieux que le président Essebsi lui-même.

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