Vie des partis : ça bouge du côté du parti Al Moubadara

Morjane Al Moubadara-l-economiste-maghrebin

L’unification de la famille destourienne constitue, depuis la dissolution en 2011 du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), une tâche ardue qui a été tentée, sans succès, par plusieurs personnalités et factions qui s’identifient à ce legs. Le parti Al Moubadara semble s’y mettre à son tour, mais avec un nouvel esprit.

Une nouvelle dynamique commence à s’installer au sein du parti, fondé en 2011 par Kamel Morjane, l’ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous Ben Ali.

Des contacts et discussions avec plusieurs figures influentes de la famille destourienne sont en cours en vue de constituer un bloc unifié de destouriens qui soit capable de reprendre sa place sur la scène politique tunisienne et de redorer le blason destourien. Un bon nombre de ces figures, qui ont par ailleurs tenté plusieurs expériences dans d’autres partis, se sont déclarées favorables à adhérer à cette nouvelle dynamique.

Tirant les leçons de l’échec des tentatives d’unification précédentes, initiées aussi bien par le parti Al Moubadara que par d’autres factions qui se réclament du legs destourien et bourguibiste, la nouvelle dynamique est en train de se construire sur de nouvelles bases. C’est ce qu’a affirmé à leconomistemaghrebin.com Mohamed Ben Saâd, l’une des figures destouriennes les plus en vue depuis 2011.

Selon lui, les tentatives précédentes ont échoué pour deux raisons. La première est que les partis destouriens se sont attribués cette tâche et ont manqué leur rendez-vous avec l’Histoire à cause d’un excès d’individualisme et une prétention démesurée chez certaines personnalités destouriennes pour la monopolisation d’un leadership auquel les prétendants sont nombreux.

Or cette fois, c’est sur une « page blanche » que semble se constituer cette unification. Le parti Al Moubadara représentera uniquement, selon M. Ben Saâd, le cadre capable d’absorber toutes les tendances convaincues de la nécessité d’unir les destouriens.

C’est pourquoi, rien n’est envisagé d’avance et ce sont les discussions et autres compromis qui feront aboutir le processus à la création d’une nouvelle formation qui serait capable de mobiliser toutes les forces destouriennes afin de redorer le statut qui est le leur. Un congrès  est même envisagé pour très bientôt afin de légitimer les consensus qui émergeront lors de ces discussions.

L’autre volet est, selon Mohamed Ben Saâd, le côté politique. Pour lui, toutes les tentatives envisagées jusque-là ont négligé l’importance de l’élaboration d’une plateforme qui redéfinisse l’identité politique destourienne selon les exigences de la conjoncture actuelle.

Le legs destourien a besoin selon lui d’être adapté aux problématiques d’aujourd’hui. La question démocratique, qui n’a jamais figuré dans le patrimoine politique destourien, la position vis-à-vis du courant islamiste et bien d’autres questions devront être débattues afin d’établir une synthèse qui puisse constituer une plateforme politique autour de laquelle les différents courants qui s’identifient au label destourien ne manqueront pas de se réunir.

Pour M. Ben Saâd, si certaines composantes destouriennes ont opté pour une approche populiste et une politique basée sur la provocation de polémiques, parfois inutiles, le parti Al Moubadara qui a opté depuis sa création pour une politique rationnelle et pour le choix de la modération et du compromis dans ses différentes positions, n’a pas d’autre choix que de persévérer sur cette même voie qui représente pour lui la marque de fabrique qui reflète l’esprit destourien.

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