Commission d’enquête parlementaire sur les filières jihadistes : chat échaudé…

Djihadistes occidentaux L'Economiste Maghrébin

Faut-il attendre les conclusions de la Commission d’enquête parlementaire sur les filières jihadistes envoyant des Tunisiens vers les zones de conflit? Pas si sûr que cela.

Alors que  la question du retour des jihadistes tunisiens se pose avec grande acuité du fait, notamment, des revers de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (ISIL), nombre de Tunisiens s’interrogent  sur le rôle que pourrait jouer la commission d’enquête parlementaire sur les filières jihadistes envoyant des Tunisiens vers les zones de conflit.

Les échos qui parviennent du côté de l’ARP  semblent confirmer que cette commission pourrait trébucher et ne pas conduire les uns et les autres à connaître la vérité, toute la vérité, concernant ce sujet brûlant.

On évoque, en effet, ici et là des difficultés rencontrées par cette commission parlementaire, comme celles du reste qui l’ont précédée, pour lever le voile sur les différentes opérations menées, notamment de 2012 à 2014,  pour grossir les rangs des terroristes combattants surtout en Syrie.

Le contexte politique favorise-t-il le travail de la commission ?

On parle ainsi de l’ « absence d’un texte clair organisant les commissions ». Comme on évoque la difficulté, peut-être en raison de cette absence, de pouvoir aller de l’avant avec les représentants des autorités régaliennes.

Certes, mais le contexte politique favorise-t-il le travail de cette commission ? Certains observateurs estiment que le sujet est sensible. Les représentants de la « Troïka » qui a géré le pays au plus fort du départ des jihadistes en Syrie sont toujours là occupant des avant-postes.

Cette réalité n’impose-t-elle pas aux membres de la Commission d’enquête parlementaire de redoubler de prudence et de vérifier indéfiniment leurs conclusions ?

De quoi noyer le poisson

Par ailleurs, nombre d’informations sont à chercher du côté de la Syrie. Difficile lorsqu’on sait que les relations diplomatiques de la Tunisie avec ce pays, et malgré l’ouverture d’une représentation « administrative », ne sont pas réellement normalisés.

La Syrie n’est pas, en outre, soutiennent plusieurs spécialistes du dossier, bien remise en état. Et ce malgré les réussites engrangées depuis quelques mois. L’administration syrienne est déstructurée en raison de l’effort de guerre.

Autre pièce du dossier à mettre en évidence : la volonté de faire aboutir la vérité. Ainsi, certains souhaitent qu’une nouvelle donne s’exprime dans le dossier déjà compliqué des filières jihadistes envoyant des Tunisiens vers les zones de conflit : celle des Tunisiens qui combattent du côté du régime de Bachar Al Assad.

De quoi noyer le poisson, estiment des observateurs, et retarder les investigations qui pousseront à arpenter de nouvelles pistes.

De toute façon, aucune des commissions sortie de l’ANC (Assemblée Nationale Constituante) ou de l’ARP n’a jusqu’ici  abouti. Ni celle des événements du 9 avril 2012, ni celle de la Place Mohamed Ali, le 4 décembre 2012, ni celle de  l’affaire de Siliana, les 28 et 29 novembre 2012, ni encore celle  des Panama Papers, en mai 2016.

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