La révolution tunisienne, la mémoire, le musée

Il y a deux ans, le 17 décembre 2015, la ministre de la Culture de l’époque Mme Latifa Lakhdar avait officialisé l’engagement de l’Etat pour la création d’un musée de la révolution tunisienne à Sidi Bouzid.

2Une plaque commémorative avait été apposée à cet effet marquant le terrain qui serait celui du musée et qui donne sur la place où a eu lieu l’événement tragique du 17 décembre 2010 déclencheur de la révolution tunisienne : la torche vivante qu’était devenu Mohamed Bouazizi, paix à son âme.

A la date du 6ème anniversaire de la révolution, ce projet est remis sur le tapis. Souhaité par la société civile de Sidi Bouzid et par les autorités de la région, il est porté à maturation par les premières journées d’étude du « Projet du Musée National de la Révolution de Sidi Bouzid » qui ont eu lieu le 15 et 16 décembre 2016.

5Ces journées ont rassemblé des chercheurs du laboratoire de recherche «Régions et Ressources patrimoniales de Tunisie » rattaché à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités, des chercheurs de l’Institut National du Patrimoine, des membres de l’Association Tunisienne d’Actions Culturelles, des citoyens de Sidi Bouzid et d’ailleurs et des membres de la Fondation allemande Rosa Luxembourg partenaire de cette action.

3La présence et les interventions ont été enrichies par celles d’étudiants chercheurs du Master 2 Patrimoine et muséographie et du Professeur d’histoire contemporaine, Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Lettres de La Manouba.

Les exposés ont porté sur  les expériences comparées des musées des révolutions dans le monde (cas cubain et français).  Les étapes et les dates les plus importantes du processus révolutionnaire ont soulevé des interrogations quant aux places qu’occuperaient au Musée national de la révolution les protestations sociales de l’Ouest tunisien, la mémoire minière et les événements de Redayef 2008, et ont traité de la matière muséographique et de son utilisation en milieu scolaire.

Les chercheurs plus chevronnés de l’Institut National du Patrimoine Salah Elfalhi et Anis Hajlaoui ont traité de la synergie du musée et des collectivités locales et de l’héritage historique de Sidi Bouzid (en monuments de différentes époques) et de sa valorisation dans le cadre du Musée de la révolution.

A la suite des interventions et des discussions, des recommandations ont été émises à l’intention de l’Institut National du Patrimoine chargé de superviser le projet. Une lecture en a été faite lors de la clôture en présence du gouverneur de Sidi Bouzid Mourad Mahjoub qui a formulé le vœu que toutes les études techniques du projet se fassent en 2017 pour rendre possible le démarrage début 2018.

Les intervenants ont insisté sur le caractère national du musée et recommandent qu’il doit faire place à :

  • L’héritage civilisationnel des différentes périodes de l’histoire de la région,
  • L’écho international de la révolution tunisienne à travers les slogans qui étaient les siens,
  • Un espace dédié à la femme mettant en valeur son rôle dans les révolutions tunisiennes,
  • Une aile réservée aux œuvres artistiques de la période et aux enregistrements destinés à garder la mémoire des sentiments de la population tunisienne en liaison avec la révolution,
  • Un Centre de recherches et d’études, un espace de vie, de loisirs et de savoir,
  • Une aile réservée au patrimoine immatériel de la région,
  • Des ateliers consacrés aux métiers menacés de disparition à l’instar de la poterie, la céramique, la sellerie, le tissage de la laine.

Les intervenants ont recommandé que le musée devrait être intégré à des circuits touristiques, à mettre en place, pour valoriser dans le même temps  les sites archéologiques de la région et contribuer au développement durable.

Par ailleurs, il doit intégrer les nouvelles technologies pour une diffusion efficace de ses produits à l’échelle nationale et internationale.

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