Fadhel Abdelkefi : l’administration tunisienne engrange encore des cadres compétents

BIAT Fadhel Abdelkefi Conseil d'administration

Dans une interview accordée à l’Economiste Maghrébin (n°700 – disponible dans les kiosques), Mohamed Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale et premier responsable de l’organisation de « Tunisia 2020 », revient, entre autres, sur les nouvelles statistiques sur l’indice de développement humain en Tunisie et rend avec un réel accent de sincérité un vibrant hommage aux cadres et fonctionnaires de l’administration régionale et de la diplomatie économique. Extraits…

ll y a des blocages administratifs qui pourraient plomber l’investissement ?

En tout cas, il ne faut pas qu’on soit bloqué par ces inerties. Il faut s’y attaquer. Il n’y a pas d’autres alternatives. Il faut prendre le taureau par les cornes et imposer un rythme un peu plus souple que le rythme que nous avons connu antérieurement. Il faudrait engager les réformes et mobiliser à cet effet les femmes et les hommes de l’administration.

La solution serait peut-être de les motiver et de les encourager, et le gel des salaires pendant six mois ne sert pas cette perspective. Ne trouvez-vous pas qu’il y a ici un problème de cohérence ?

Moi, je parle de la Haute fonction publique, laquelle n’a pas de problème avec l’argent et les salaires. La Haute fonction publique a besoin de reprendre son statut de décideur. Cela fait cinq ans que les gens opérant dans la Haute fonction publique ont été plus ou moins malmenés.

Aujourd’hui, nous sommes dans une logique : leur dire que rien ne pourra se faire sans l’administration. D’ailleurs, récemment, se sont tenues des réunions entre le chef du gouvernement et quelque 300 directeurs généraux de l’administration. Cela ne s’est jamais fait en cinq ans. On les a réunis dans un amphithéâtre et on a engagé avec eux une discussion ouverte, franche et directe, au cours de laquelle les hauts cadres du pays nous ont clairement dit qu’ils étaient totalement disposés à travailler, à condition d’être rassurés et couverts politiquement.

Le chef du gouvernement leur a dit qu’avec un gouvernement d’union nationale, ils ont son appui politique. Quant à nous (gouvernement), nous leur avons demandé d’aller un peu plus vite ou beaucoup plus vite. Ces derniers nous ont dit qu’ils sont d’accord et qu’ils en sont conscients.

Résultat : tout le monde a aujourd’hui la volonté d’aider et de revenir à des niveaux de productivité et d’ingéniosité supérieurs.

A la limite, on est passé par une période où personne ne s’occupait des aspects économiques.

Il y a eu une hémorragie des cadres au cours des cinq dernières années qui ont migré vers le privé…

Je suis convaincu que l’administration tunisienne engrange encore des cadres compétents. Je suis persuadé qu’il y a, dans ce pays, un espoir réel de mobiliser ses enfants à tous les niveaux. Au sein du MDIC, depuis trois mois, j’ai été amené à corriger certains a priori. Moi qui venais du privé, avec l’idée qu’on travaille beaucoup plus dans ce secteur et qu’on travaille moins dans le public, j’ai été surpris de constater le contraire : les gens travaillent plus dans le public et ont beaucoup de charges. Depuis trois mois que je suis à la tête de ce ministère, j’ai vu des gens dépasser les 12 heures de travail par jour. Je parle bien évidemment de la Haute fonction publique, car j’ai la chance d’interagir avec la Haute fonction publique. Mais pas seulement à titre indicatif, les directeurs régionaux sont d’une grande compétence et d’une grande qualité professionnelle.

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